Le musée Van Gogh d’Amsterdam présente, jusqu’au 4 mars, une centaine d’œuvres explorant la parenté historique, stylistique et personnelle entre Vincent Van Gogh et les expressionnistes qui lui ont succédé une génération après sa mort en Allemagne et Autriche.Vassili Kandinsky, Gustav Klimt, Egon Schiele, Oskar Kokoschka, Paul Klee... «Van Gogh était notre père à tous», avait l’habitude de dire Max Pechstein, l’un des meneurs du groupe expressionniste allemand Die Brücke.
Fondée en 1905 à Dresde, cette bande d’artistes bohémiens qui glorifiait la liberté, la nature et l’énergie reçut un choc lorsqu’une galerie de leur ville exposa pour la première fois Van Gogh.
«Il leur a montré comment représenter la nature de façon non figurative», explique Jill Lloyd, conservatrice de l’exposition réalisée avec la Neue Gallery de New York, où elle sera présentée au printemps.
«Or pour ce groupe inspiré par la philosophie de Nietzsche, dont le livre préféré était Ainsi parlait Zarathoustra, la passion et la vitalité de sa vision de la nature ont été décisives», a-t-elle ajouté.
Quatre toiles côte à côte témoignent ainsi de l’influence du Champ d’oliviers, peint par Vincent Van Gogh en 1889.
Car les troncs peints par les expressionnistes «sont comme en train de danser», s’émerveille Jill Lloyd. Les couleurs y sont plus saturées, mais il s’agit bien d’un hommage «au sens de la nature de Van Gogh, où l’énergie et les émotions humaines irradient le paysage».
Un peu plus loin, Le zouave et L’italienne, deux portraits de Van Gogh – qui n’a pas hésité à barbouiller leurs visages de vert, créant une chaude harmonie avec les rouges, ocres et bleus des costumes –, répondent magistralement à une Jeune femme à l’éventail rouge de Max Pechstein.
La peinture de cette jeune femme, indolente, le visage jaune et carmin comme une pomme mûre, la tête coiffée d’un béret vert, visible à côté de ses deux modèles, matérialise une filiation artistique directe avec Van Gogh.
Appartenant dans sa jeunesse au Blaue Reiter, le mouvement expressionniste né à Munich (sud), Kandinsky «se méfiait de Van Gogh et de son image romantique», explique Jill Lloyd, mais un de ses amis avait réussi à l’enthousiasmer pour ses paysages distordus.
Inspiré, Kandinsky détournera son usage des couleurs saturées «pour en faire sa propre symbolique et atteindre l’abstraction, selon Jill Lloyd, même si Van Gogh aurait été horrifié par cela, lui qui était poussé par l’amour de la nature».
Les lettres du peintre à son frère Theo furent éditées en allemand en 1906, pour devenir aussitôt le sujet de conversation des cercles poétiques à Berlin comme à Vienne. En 1909, une exposition grandiose dédiée à l’art moderne réunit pas moins de cent œuvres du peintre à Cologne (ouest de l’Allemagne).
Certains expressionnistes ont surtout retenu l’épais malaise psychologique qui transpire de l’œuvre de Van Gogh, ou se sont identifiés à son histoire personnelle.
Ainsi, une interprétation sombre des Tournesols par Egon Schiele donne un Soleil d’automne apocalyptique, où les feuilles desséchées pendent vers le bas, comme attirées par le vide, tandis que les tournesols sont de grands yeux vides et noirs, peints sur un fond blanc, où un soleil lunaire fait son apparition glaciale.
«Cette toile a été peinte à la veille de la Première Guerre mondiale et Vienne, alors en révolution culturelle, était en plein désarroi», tandis que l’empire austro-hongrois se désagrégeait, rappelle Jill Lloyd.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le musée Van Gogh d’Amsterdam présente, jusqu’au 4 mars, une centaine d’œuvres explorant la parenté historique, stylistique et personnelle entre Vincent Van Gogh et les expressionnistes qui lui ont succédé une génération après sa mort en Allemagne et Autriche.Vassili Kandinsky, Gustav Klimt, Egon Schiele, Oskar Kokoschka, Paul Klee... «Van Gogh était notre père à tous», avait l’habitude de dire Max Pechstein, l’un des meneurs du groupe expressionniste allemand Die Brücke.
Fondée en 1905 à Dresde, cette bande d’artistes bohémiens qui glorifiait la liberté, la nature et l’énergie reçut un choc lorsqu’une galerie de leur ville exposa pour la première fois Van Gogh.
«Il leur a montré comment représenter la nature de façon non figurative», explique Jill Lloyd, conservatrice de l’exposition...