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Actualités - Opinion

La bataille pour l’alternance

Céder aux exigences des ministres du Hezbollah et d’Amal, c’est rien moins que notre mort politique. Nous n’avons d’autre choix que de résister. Ce qui est en jeu, aujourd’hui, c’est l’alternance démocratique. L’alternance simple, rendue possible par des élections acceptées de tous. Que l’on conteste ces résultats, voilà qui est légitime. Que l’on réclame des élections anticipées, voilà qui l’est aussi. Mais que l’on n’aille pas plus loin. Contester la légitimité de la Chambre, et par conséquent de la majorité qui s’y est dessinée, avant de nouvelles élections, voilà qui relève de la désobéissance civile et du coup d’État. Ce serait condamner l’alternance et, du même coup, la démocratie. Ce gouvernement est celui de tout le Liban, c’est l’essentiel de ce qu’a dit hier Fouad Siniora. Le pacte de coexistence est respecté, puisque la place des ministres démissionnaires est là, qu’ils peuvent la rejoindre à n’importe quel moment. Ce n’est pas le chef du gouvernement qui a contredit le pacte de coexistence, mais des ministres qui ont choisi de se mettre à l’écart, pour des raisons politiques totalement étrangères à l’essence du pacte de coexistence. Le mouvement de protestation brandi comme une menace est potentiellement chargé de violence. Il risque de transformer la mosaïque libanaise en « un tas de cailloux », avertit encore le Premier ministre. L’alternance, le pluralisme sont en danger. Toutes les forces démocratiques, que dire, tous les démocrates doivent répondre présent à cette bataille, et refuser le dégoût et la simplification. Non, tous nos hommes politiques ne sont pas à mettre dans un même sac, et leurs projets avec. Ce sont des êtres faillibles – et parfois terriblement –, des êtres au passé trouble qui ont parfois du sang sur les mains. Mais lequel de nos hommes politiques échappe à cette catégorie ? Et comment s’en assurer, nous qui ignorons tout des marchés secrets passés loin des regards ? Les hommes et les lignes politiques C’est la raison pour laquelle il ne faut pas regarder les hommes, mais leurs lignes politiques. Et sur ce plan, il ne saurait y avoir de méprise. Sur ce plan, tout est clair. L’une de ces lignes mène au totalitarisme, l’autre à la démocratie. L’une au culte de la personnalité, l’autre à l’alternance. L’une au parti unique, l’autre au pluralisme. Il n’y a rien de plus clair, rien de plus évident. Ne nous laissons pas submerger par le dégoût et la confusion. Le jour s’est levé, qui a clairement montré dans quel camp chacun se situe. Ne regardons pas les hommes, mais les lignes politiques dont ils relèvent et sur quoi elles donnent : la liberté, l’indépendance, le pluralisme, ou la servitude, la répression, l’enfermement culturel et politique, la pensée unique. Ne nous laissons pas tromper par les discours, les raisonnements. Remontons à leur source et voyons d’où proviennent ces paroles, apparemment bien intentionnées. Des trônes de Damas et Téhéran ? Du Quai d’Orsay ? Fussent-elles du Capitole, faisons notre intérêt et non le sien, négocions le prix de l’aide qui nous parvient en commerçants habiles, disons au Capitole ses quatre vérités, mais surtout ne cédons pas aux sirènes de diplomates roués qui savent faire passer un paillasson pour un Tabriz et une prison pour un palais. Il ne s’agit plus de la guerre de juillet. La bataille, aujourd’hui, est celle du parti unique contre la démocratie. Bataille politique jusqu’à présent, encore que ceux qui la mènent ne doivent pas s’embarrasser de scrupules. Pour l’heure, ils ont recours à la violence politique, morale, médiatique et peu leur importe si, au passage, ils démembrent le Liban et mènent les Libanais à la dépression. Mais à certaines phrases inachevées, à certaines allusions, on sent que la tentation existe d’aller plus loin. Il faut qu’ils sachent, toutefois, qu’ils ne pourront franchir certaines limites sans se heurter à l’État. Mais pas l’État intimidé, dur avec les faibles et démissionnaire face aux violents. Pas l’État qui tire à Raml el-Ali, et assiste passivement au saccage des églises de Tabaris et des baies de l’Escwa. L’État ferme et intransigeant, l’État vigilant, garant des libertés de tous, l’État de la seconde indépendance. Fady NOUN
Céder aux exigences des ministres du Hezbollah et d’Amal, c’est rien moins que notre mort politique. Nous n’avons d’autre choix que de résister. Ce qui est en jeu, aujourd’hui, c’est l’alternance démocratique. L’alternance simple, rendue possible par des élections acceptées de tous.
Que l’on conteste ces résultats, voilà qui est légitime. Que l’on réclame des élections anticipées, voilà qui l’est aussi. Mais que l’on n’aille pas plus loin. Contester la légitimité de la Chambre, et par conséquent de la majorité qui s’y est dessinée, avant de nouvelles élections, voilà qui relève de la désobéissance civile et du coup d’État. Ce serait condamner l’alternance et, du même coup, la démocratie.
Ce gouvernement est celui de tout le Liban, c’est l’essentiel de ce qu’a dit hier Fouad...