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Actualités - Opinion

Les regards se tournent vers Bkerké pour prévenir des dérapages interchrétiens

Sauf pour les parties présumées coupables, il est clair que le cycle d’attentats et d’assassinats, que l’on croyait clôturé par le meurtre de Gebran Tuéni, reprend. À cette différence que la méthode employée n’est plus la même. Ce ne sont plus des voitures piégées ou des bombes qui sont utilisées. Mais des tueurs qui tirent à bout portant. Comme pour l’assassinat de Kamal Joumblatt. Pierre Amine Gemayel a été abattu dans le Metn, fief des Kataëb. Le message sanglant relève d’un plan qui, entre autres objectifs, vise à dresser les Libanais les uns contre les autres. Et c’est bien ce qui risque d’arriver, malgré les appels à l’union, au calme. On note, dans ce cadre, que l’ambassadeur saoudien, Abdel-Aziz Khoja, a pressé les ministres chiites de revenir sur leur démission pour conforter et apaiser la scène locale. Pas de protection extérieure Le plus redoutable pour le moment, c’est le péril de dérapages interchrétiens. C’est encore plus inquiétant, notent des diplomates étrangers, qu’une éventuelle confrontation sunnites-chiites. Car dans ce dernier cas, précisent ces ambassadeurs, il y aurait de suite des interventions extérieures, arabes ou autres, pour désamorcer la bombe. Tandis qu’un règlement de comptes entre chrétiens pourrait bien être observé sans intervention, comme étant une affaire purement interne n’ayant pas de conséquences sur la situation régionale, ni de répercussions ailleurs, comme en Irak par exemple. Or des incidents alarmants se sont produits, notamment à Achrafieh. Des demeures de aounistes ont été agressées. Là et ailleurs, les portraits du général ont été descendus, piétinés, remplacés par des portraits du ministre de l’Industrie assassiné. La tension est telle que le général Aoun n’a pu entrer en contact avec le président Amine Gemayel pour lui présenter ses condoléances. Ni se rendre auprès de la famille. Il a pris contact avec le patriarche Sfeir, pour le mettre au courant du climat. Et dire sa crainte de voir la discorde s’amplifier, provoquer des heurts entre ses partisans et les FL ou les Kataëb. Surtout entre les jeunes, déjà chauffés par les récentes élections estudiantines dans les universités. Le général a émis le souhait que Bkerké agisse vite pour calmer les esprits et prévenir l’implosion. Il convient également de rappeler qu’à l’issue de la dernière séance de dialogue, le général avait rencontré le Dr Samir Geagea. Pour évoquer justement ces frictions estudiantines et, d’une manière plus globale, le risque qu’elles ne suscitent la discorde de rue en question. Les regards se tournent dès lors vers l’ultime rempart interne qu’est Bkerké. Les pôles en attendent un rôle de médiateur actif, sinon d’arbitre. En souhaitant qu’il intervienne auprès des leaders, voire qu’ils les réunisse. Pour un pacte d’honneur prévoyant que l’on traiterait des divergences sur un plan uniquement politique, entre quatre murs et non dans la rue. Que l’on démobiliserait d’un commun accord. L’idéal restant, selon les modérés, que le prélat parvienne à réconcilier les frères ennemis. Ou, à tout le moins, qu’il les fasse se rencontrer autour de constantes et de lignes rouges déterminées. Comme il était parvenu à le faire entre Nayla Moawad et Sleimane Frangié. Philippe ABI-AKL
Sauf pour les parties présumées coupables, il est clair que le cycle d’attentats et d’assassinats, que l’on croyait clôturé par le meurtre de Gebran Tuéni, reprend. À cette différence que la méthode employée n’est plus la même. Ce ne sont plus des voitures piégées ou des bombes qui sont utilisées. Mais des tueurs qui tirent à bout portant. Comme pour l’assassinat de Kamal Joumblatt.
Pierre Amine Gemayel a été abattu dans le Metn, fief des Kataëb. Le message sanglant relève d’un plan qui, entre autres objectifs, vise à dresser les Libanais les uns contre les autres. Et c’est bien ce qui risque d’arriver, malgré les appels à l’union, au calme. On note, dans ce cadre, que l’ambassadeur saoudien, Abdel-Aziz Khoja, a pressé les ministres chiites de revenir sur leur démission pour conforter et...