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Actualités - Analyse

L’Iran à la conquête de la Méditerranée

Après s’être assuré une influence presque sans partage sur le golfe arabo- persique, l’Iran semble de plus en plus intéressé par la mer Méditerranée, où il s’implante fortement sur sa rive orientale. Pour ce faire, il profite d’une politique confuse et équivoque de certains pays occidentaux. La chute du régime de Saddam Hussein en Irak, suite à l’intervention américaine, et les élections qui y ont suivi ont mis en évidence la montée en puissance des chiites. Ces derniers, longtemps lésés et persécutés, ont finalement accédé au pouvoir dans un pays où ils sont majoritaires, posant en même temps le problème de la représentation d’une communauté toujours sous-représentée dans les autres pays du Golfe dirigés par les sunnites. Cette situation explosive a ainsi mis en exergue l’influence et les liens entre les chiites dans ces émirats et la République islamique. Parallèlement, le régime iranien a renforcé ses liens avec la Syrie et le gouvernement palestinien issu du Hamas, tous deux ennemis jurés d’Israël, renforçant là aussi sa stature de puissance régionale. En outre, la guerre qui a eu lieu dernièrement entre le Hezbollah et l’État hébreu a mis en évidence l’influence enracinée de l’Iran au Liban, où le parti de Dieu est lié idéologiquement et politiquement à la République islamique. La crise nucléaire vient ajouter à ce tableau le poids du danger iranien sur cette région du monde en raison, essentiellement, de la folle course à l’armement à laquelle se livre actuellement le président Ahmadinejad lancé dans la production de fusées et de missiles à longue portée. D’où la crainte de plus en plus justifiée de certains pays arabes face à l’accroissement de la menace de la République islamique au Proche-Orient. Du souverain jordanien au président égyptien, en passant bien sûr par Israël, tous dénoncent et accusent l’Iran d’exporter sa révolution en étendant son hégémonie dans cette région du monde. Ce qui explique par ailleurs la volonté des pays arabes de contourner le blocus imposé au gouvernement palestinien de crainte que ce dernier tombe définitivement dans le giron des islamistes chiites. Les dernières déclarations du Premier ministre britannique, Tony Blair, appelant à l’implication de la Syrie et de l’Iran dans une stratégie commune pour le Proche-Orient, incluant non seulement l’Irak, mais également le conflit israélo-palestinien et le Liban ; ainsi que la volonté politique européenne de négocier sur le dossier nucléaire iranien loin de toute forme de menace militaire; sans oublier les démocrates américains qui proposent de discuter avec le régime iranien ; tous ces éléments renforcent de plus en plus la position de la République islamique qui voit son influence augmenter considérablement, des pays du Golfe au Liban et aux territoires palestiniens, en passant par l’Irak et la Syrie. Cette politique ambiguë risque fort de faire entrer le loup dans la bergerie. En appelant au dialogue, les pays occidentaux prouvent d’une part leur incapacité à élaborer une politique crédible et efficace face aux Iraniens, et leur faiblesse idéologique et militaire face à l’option d’une confrontation avec le régime des mollahs, d’autre part. Les Occidentaux semblent ainsi acculés à négocier avec un régime qui pousse à la confrontation. Mais le temps presse. En effet, la menace iranienne est double. En conjuguant son programme nucléaire au développement de missiles à longue portée, l’Iran met non seulement le Proche-Orient en péril, mais également l’Europe. Parallèlement, la réussite du modèle iranien pourrait encourager d’autres régimes à suivre la voie du totalitarisme et de la pensée unique. Une perspective angoissante pour la Méditerranée, une région considérée depuis toujours comme un symbole de diversité et de tolérance. Antoine AJOURY
Après s’être assuré une influence presque sans partage sur le golfe arabo-
persique, l’Iran semble de plus en plus intéressé par la mer Méditerranée, où il s’implante fortement sur sa rive orientale. Pour ce faire, il profite d’une politique confuse et équivoque de certains pays occidentaux.

La chute du régime de Saddam Hussein en Irak, suite à l’intervention américaine, et les élections qui y ont suivi ont mis en évidence la montée en puissance des chiites. Ces derniers, longtemps lésés et persécutés, ont finalement accédé au pouvoir dans un pays où ils sont majoritaires, posant en même temps le problème de la représentation d’une communauté toujours sous-représentée dans les autres pays du Golfe dirigés par les sunnites. Cette situation explosive a ainsi mis en exergue l’influence et les...