Rechercher
Rechercher

Actualités

Malades de l’école : la phobie scolaire tend à s’élargir

Du petit enfant nostalgique de sa maman à l’adolescent en révolte contre l’école, le concept de «phobie scolaire», appelé de préférence «refus scolaire», tend à s’élargir. Les pics de fréquence se situent entre 5 et 7 ans (début de la scolarité primaire), vers 11 ans (entrée au collège) et à partir de 14 ans, selon le Pr Marie-Christine Mouren, pédopsychiatre française, qui souligne que la survenue tardive du trouble est un facteur aggravant, ainsi que sa prise en charge tardive. «Le refus scolaire se voit plus fréquemment dans la préadolescence que dans l’enfance», souligne-elle, notant que ses conséquences «sont d’autant plus délétères que celui-ci survient tardivement». Les parents ne sont pas forcément les mieux placés pour détecter le trouble, le dépistage étant surtout l’affaire des différents professionnels de l’école (chefs d’établissement, conseillers d’éducation, infirmières scolaires...). Les médecins généralistes ont aussi un rôle de premier plan, puisque les enfants leur sont souvent adressés en première intention, notamment pour des plaintes somatiques (maux de tête, de ventre...). Le concept de refus scolaire évolue. Si l’accent a d’abord été mis sur des facteurs intrapsychiques, comme la dépendance psychologique à la mère, les facteurs externes entrent maintenant en ligne de compte. Changement d’établissement, incidents (harcèlement, racket...) peuvent être des «facteurs précipitants». «L’école n’est plus obligatoirement un lieu de sécurité», remarque le Pr Mouren. Les troubles anxieux comme l’angoisse de la séparation, la phobie simple (peur d’un camarade, de la cantine...), la phobie sociale (peur de la moquerie, de la critique...) sont plus fréquents chez les enfants et les préadolescents, indique-t-elle. Le trouble anxieux peut passer longtemps inaperçu lorsque son installation est progressive. Les troubles du comportement (refus des ordres, vandalisme, agressions...) s’accompagnent souvent d’absentéisme scolaire et se retrouvent davantage chez les adolescents. «L’enfant doit absolument retourner à l’école», insiste le Pr Mouren, ce qui implique généralement une «alliance» entre les thérapeutes, la famille et les enseignants. La rescolarisation peut être programmée et s’étaler sur plusieurs semaines. Le Pr Mouren estime que «l’attitude de la famille est un facteur essentiel de la pérennité ou non du trouble», soulignant que des parents peuvent «installer l’enfant dans son refus» en lui organisant une vie adaptée: accès aux jeux vidéo, achat d’animaux de compagnie, cours par correspondance...
Du petit enfant nostalgique de sa maman à l’adolescent en révolte contre l’école, le concept de «phobie scolaire», appelé de préférence «refus scolaire», tend à s’élargir.
Les pics de fréquence se situent entre 5 et 7 ans (début de la scolarité primaire), vers 11 ans (entrée au collège) et à partir de 14 ans, selon le Pr Marie-Christine Mouren, pédopsychiatre française, qui souligne que la survenue tardive du trouble est un facteur aggravant, ainsi que sa prise en charge tardive.
«Le refus scolaire se voit plus fréquemment dans la préadolescence que dans l’enfance», souligne-elle, notant que ses conséquences «sont d’autant plus délétères que celui-ci survient tardivement».
Les parents ne sont pas forcément les mieux placés pour détecter le trouble, le dépistage étant surtout l’affaire des...