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Actualités - Analyse

Éclairage Bush contraint de se réinventer en président de compromis

George W. Bush doit se préparer à deux dernières années de présidence difficiles après la victoire démocrate, et plus encore si l’une des deux parties refuse le compromis que M. Bush n’a lui-même guère pratiqué jusqu’alors. M. Bush a dirigé les États-Unis pendant six ans avec une majorité républicaine somme toute acquise à sa cause malgré les réserves des derniers mois, et même avec un Parlement rallié derrière lui presque comme un seul homme pendant plusieurs mois après les attentats du 11-Septembre. « Avec une Chambre des représentants démocrate, il est un canard partiellement boiteux ; avec les deux Chambres démocrates, il est un canard complètement boiteux », disait l’expert politique Larry Sabato juste avant le vote. L’étiquette de « canard boiteux » est celle dont les observateurs anglophones affligent les dirigeants voués à l’inaction dans l’attente d’être remplacés. Cela vaut au moins pour l’action nationale de M. Bush, dit-il. Aujourd’hui, « le défi pour Bush, c’est de gouverner au-dessus des partis, cela ne va pas lui plaire, mais il n’a pas le choix s’il veut sa place dans la postérité », dit l’expert Marc Zorell, de l’Université de Fairfax, en citant l’exemple de Bill Clinton, confronté lui aussi à un changement de majorité en 1994. M. Bush n’a guère montré d’inclination à transiger ces dernières années. Au contraire, ses détracteurs accusent la Maison-Blanche d’avoir tiré prétexte de la guerre pour renforcer les pouvoirs présidentiels et passer outre au contrôle du Congrès. Il a pour la première fois en juillet opposé son veto présidentiel à une loi touchant à l’éthique. Mais M. Bush a montré qu’il était soucieux du jugement de la postérité à mesure qu’approche la fin de son deuxième mandat. Avec une Chambre des représentants démocrate, il peut se retrancher dans la politique étrangère, un espace qui lui préserve la Constitution. Mais, soulignent les experts, il peut aussi rechercher le consensus avec les démocrates pour faire passer des réformes, de la couverture sociale ou de l’immigration. Elles lui tiennent à cœur et il n’a pas pu les imposer à un Congrès républicain. Et il a su à l’occasion s’élever au-dessus des partis quand il était encore gouverneur du Texas.

George W. Bush doit se préparer à deux dernières années de présidence difficiles après la victoire démocrate, et plus encore si l’une des deux parties refuse le compromis que M. Bush n’a lui-même guère pratiqué jusqu’alors.
M. Bush a dirigé les États-Unis pendant six ans avec une majorité républicaine somme toute acquise à sa cause malgré les réserves des derniers mois, et même avec un Parlement rallié derrière lui presque comme un seul homme pendant plusieurs mois après les attentats du 11-Septembre. « Avec une Chambre des représentants démocrate, il est un canard partiellement boiteux ; avec les deux Chambres démocrates, il est un canard complètement boiteux », disait l’expert politique Larry Sabato juste avant le vote. L’étiquette de « canard boiteux » est celle dont les observateurs...