Rechercher
Rechercher

Actualités - Opinion

Le(s) Bienveillant(es)

Souriez, vous êtes à Zouk… Nabih Berry n’a certainement pas fait l’école Marx Brothers/De Funès mais visiblement, il s’entraîne. Il paraît qu’il a même réussi à les faire sourire, un peu, les treize autres, hier, avec cette blague à deux sous en démarrage du nouveau et énième round de concertations – lequel, malgré les apparences, a quelque chance de finir moins bla-bla que les autres. Nabih Berry a par contre dû voir et revoir tous les enregistrements disponibles des concerts d’Herbert von Karajan en essayant d’apprendre par cœur ses maniements de baguette, et, surtout, toutes les versions possibles et imaginables en DVD de Dr Jekyll et Mr Hyde ou de Comment réussir à ménager chèvres et choux et danser sur tous les pieds en dix leçons. Rien de nouveau, certes, mais force est de reconnaître que le wannabe maestro a été impressionnant hier : sur tous les fronts. Court-circuitant totalement le chronomètre d’un Hezbollah qui a passé les dernières 48 heures à menacer de s’emparer de la rue dès lundi prochain si un GUN, un gouvernement d’union nationale, n’était pas formé cette semaine, il a bien fait comprendre qu’il était contre tout dead line, qu’il fallait cerner le problème à la libanaise, qu’il s’opposait à la démission de l’actuel cabinet (du moins des ministres d’Amal), qu’il n’était pas pour un tiers de blocage en bonne et due forme et pas pour, non plus, l’entrée dans un éventuel futur gouvernement d’une derbaké extraparlementaire regroupant tous les laissés-pour-compte prosyriens du scrutin 2005 – il a même dit non à une participation au prochain Exécutif du conglomérat CPL et alliés-forces du 8 Mars à hauteur de 44 % comme exigé par Michel Aoun. En même temps, dans la forme, visiblement pour essayer de rassurer un Hezb un tantinet affolé à la vue de la quasi-canonisation de Berry par le 14 Mars et autres déjeuners Aoun-Geagea, il semblerait qu’il aurait été glacial et totalement partial à l’encontre de la majorité hier. C’est qu’il a gros à jouer, le président de la Chambre : la majorité serait prête à lui offrir à lui, le mal-aimé de sa communauté, lui l’autoproclamé déshérité, rien moins que la suprématie politique sur le Hezb, rien moins que le tiers de blocage en cas d’élargissement de 24 à 30 du gouvernement Siniora : c’est-à-dire qu’aux côtés de quatre nouveaux ministres pour Aoun et d’un pour le 14 Mars, le trentième, qui devra appartenir à la communauté chiite, sera le dixième homme, celui qui bloquerait. Et ce dernier serait amaliste et pas hezbollahi. Sauf qu’il n’aura rien gratuitement. C’est donnant-donnant : pour obtenir cet eldoradesque 33,33333 %, Nabih Berry devra garantir l’acceptation par l’opposition d’un tribunal international préalable à toute minorité de blocage et, ce n’est pas idiot de mettre la barre très haut, un président de la République 14 Mars, ou affilié, ou, à l’extrême rigueur, d’une totale et indiscutable neutralité, donc intégrité. Mission impossible ? Le n° 2 de l’État se voit déjà – en haut de l’affiche, oubliant presque que dimanche soir, au nom de ses camarades Joumblatt et Geagea, Saad Hariri a donné le ton : pas de tiers de blocage avec un président de blocage. Ce qui serait littéralement génial ? Que Nabih Berry réussisse à convaincre Hassan Nasrallah de gérer le problème sans demander le concours – et encore moins l’avis – de Damas et/ou de Téhéran : un peu plus que les autres, le Hezb n’est jamais aussi fort, aussi bunkerisé, que quand il la joue 100 % made in Lebanon. Il se pourrait que les Bienveillantes se penchent au-dessus de lui, à Nabih Berry, un de ces prochains jours ; qu’il arrive à faire conjuguer les improbables, à accoucher d’un encore très chimérique miracle. Peut-être même qu’il se mettra alors à la rédaction de ses mémoires, ou d’un (pseudo-)roman ; peut-être qu’il parviendrait à obtenir, lui aussi, un Goncourt ou quelque chose du genre. En attendant, rien ne l’empêche, comme tous les Libanais, de se réjouir – et de réfléchir : cela ne pourrait lui faire que du bien – sur le dernier rapport de Transparency International : sur 163 États, monarchies, émirats, etc., et en une seule année, le Liban est passé de la 83e à la 63e place des pays les plus corrompus. Même si l’on est encore bien (trop) loin du compte, le progrès est simplement énorme. Bien sûr, le retrait syrien et la croisade quasi-obsessionnelle du CPL doivent y être pour beaucoup, mais ce bond en avant n’aurait sans doute pas été possible sans un début de changement de mentalités certain. C’est-à-dire sans les efforts, qui doivent être impérativement décuplés certes, du gouvernement Siniora. CQFD. Ziyad MAKHOUL
Souriez, vous êtes à Zouk…
Nabih Berry n’a certainement pas fait l’école Marx Brothers/De Funès mais visiblement, il s’entraîne. Il paraît qu’il a même réussi à les faire sourire, un peu, les treize autres, hier, avec cette blague à deux sous en démarrage du nouveau et énième round de concertations – lequel, malgré les apparences, a quelque chance de finir moins bla-bla que les autres. Nabih Berry a par contre dû voir et revoir tous les enregistrements disponibles des concerts d’Herbert von Karajan en essayant d’apprendre par cœur ses maniements de baguette, et, surtout, toutes les versions possibles et imaginables en DVD de Dr Jekyll et Mr Hyde ou de Comment réussir à ménager chèvres et choux et danser sur tous les pieds en dix leçons. Rien de nouveau, certes, mais force est de reconnaître que le...