Elles représentent plus d’un cinquième de l’électorat américain, mais elles boudent souvent les urnes : le vote des femmes seules, qu’une campagne tente d’inciter à participer aux élections de mi-mandat, est une grande inconnue de ce scrutin.
«C’est le groupe démographique qui connaît la croissance la plus forte dans ce pays », affirme Page Gardner, présidente de Women’s Voices Women Vote. Cette organisation est à l’origine d’une campagne de publicité, financée par l’État, où plusieurs femmes – dont l’actrice Felicity Huffman, de la très populaire série télévisée Desperate Housewives – évoquent la première fois qu’elles ont déposé un bulletin dans l’urne.
Les femmes divorcées, célibataires ou veuves tendent à pencher pour le Parti démocrate, selon des politologues. « En 2004, elles représentaient 22 % de l’électorat, mais il y a quand même 20 millions de femmes non mariées qui ne sont pas allées voter », souligne Gardner. « Si elles avaient été plus nombreuses à voter (...), elles auraient pu influer sur la politique menée dans ce pays. »
Gardner assure que son organisation est politiquement neutre et qu’elle s’est simplement fixé pour objectif de convaincre les femmes seules – une catégorie qui, selon les instituts de sondage, se sent souvent ignorée et mal informée – qu’elles peuvent influer sur l’issue des élections.
Selon les politologues et les sondeurs, ce groupe représente l’une des inconnues de l’élection du 7 novembre. Les femmes représentent dans leur ensemble 52 % de l’électorat américain.
Pour Susan Carroll, du Center for American Women and Politics de l’université de Rutgers, le paramètre le plus important du vote des femmes sera leur taux de participation mardi prochain.
Une vision plus pessimiste
de la situation
Pour Anna Greenberg, spécialiste des sondages au Parti démocrate, les femmes célibataires sont préoccupées au premier chef par la sécurité économique, le coût des prestations de santé et celui de l’enseignement et des transports. « L’enjeu est de les mobiliser et de les convaincre d’aller voter afin qu’elles influent sur l’issue des élections », explique-t-elle.
Selon Susan Carroll, les électrices ont tendance à être plus pessimistes que les électeurs au sujet de la situation aux États-Unis. « Elles sont plus susceptibles de dire que le pays ne va pas dans la bonne direction », dit-elle. Toute la question, ajoute-t-elle, est de savoir « si le ras-le-bol a atteint un point tel que cela pousse les gens à aller dans les bureaux de vote ».
Kellyanne Conway, stratège du Parti républicain et présidente d’un institut de sondage conservateur, compte s’intéresser à deux groupes d’électeurs : les femmes seules et les salariées. « Les femmes ont effectivement tendance à pencher pour les démocrates », dit-elle. « Les femmes seules vont-elles aller voter cette année ? Comme elles sont deux fois plus nombreuses à pencher pour les démocrates, ce serait une catastrophe pour les républicains. » « Et beaucoup de mères ouvrières qui ont été plus nombreuses à voter républicain en 2004 que par le passé en raison des problèmes de sécurité, si elles reviennent à leur allégeance démocrate initiale, pourraient faire perdre quelques points aux républicains. »
D’après Greenberg, les femmes mariées, qui ont beaucoup voté républicain en 2002 et 2004 – là aussi, en raison de leurs inquiétudes quant au terrorisme – semblent se répartir de manière plus équitable entre les partis à l’approche des élections de mardi. « Sans aucun doute, le fait que la sécurité joue un rôle moindre dans cette élection joue en faveur des démocrates chez les femmes mariées », dit-elle.
Selon les sondeurs, les femmes mariées qui ont des enfants sont préoccupées par la sécurité nationale, mais aussi par la sécurité économique, le coût de l’énergie et la hausse du taux de criminalité.
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