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Actualités - Chronologie

Les habitants de Ghajar veulent quitter leur « prison »

«Nous sommes en prison ! » explose Ahmad, 35 ans. Il est aux portes de son village, Ghajar, à cheval sur la frontière libano-israélienne, toujours sous l’emprise d’Israël après la dernière guerre dans le secteur, rapporte l’AFP dans un reportage signé Michaël Blum. « Les Israéliens ont bouclé le village de tous les côtés, mais ils m’empêchent de reconstruire ma maison détruite » lors des derniers bombardements de cet été, se plaint-il. La petite bourgade est entièrement entourée de barbelés, y compris du côté libanais. À l’intérieur, une barrière de plus de deux mètres de hauteur la scinde en suivant le tracé de la frontière internationale. Des barrages militaires sur la petite route qui mène à Ghajar interdisent à toute personne d’y pénétrer. « Zone militaire fermée », indique laconiquement un officier israélien à l’entrée du lieu. Cet ancien village syrien avait été conquis en 1967 par Israël avec le plateau du Golan, annexé par l’État hébreu en 1981. Le village, qui compte 2 500 habitants aujourd’hui, s’est, depuis, étendu vers le nord, en zone libanaise, et a été divisé lorsque l’ONU a dessiné la ligne bleue après le retrait israélien du Liban en mai 2000. Pendant l’offensive de juillet et août contre le Hezbollah, Israël a de nouveau occupé le secteur libanais et refuse depuis de le quitter en invoquant des raisons de sécurité. Entre le retrait israélien de mai 2000 et l’offensive de juillet 2006, la frontière au milieu du village est toujours restée ouverte, permettant à ses habitants, des Syriens alaouites, la plupart aussi citoyens israéliens, parlant l’arabe et l’hébreu, de franchir la ligne bleue. À la faveur de cette ouverture, Ghajar est devenu une porte entre le Liban et Israël, dangereux vide de sécurité pour l’État hébreu dans cette région où le Hezbollah occupait, avant le récent conflit, une ligne de positions sur la frontière, et où la contrebande d’armes et de drogue est très active. Un officier israélien s’exprimant sous le couvert de l’anonymat a confirmé à l’AFP que la traque des trafiquants est une des principales tâches de l’armée israélienne dans le secteur. Ahmad craint le jour où il sera coincé entre Israël et le Liban, sans libre accès à aucun des deux pays. « Ma mère vit dans le sud du village et moi dans le nord. Si Israël se retire de la partie libanaise, je serai séparé définitivement de ma famille et deviendrai un réfugié sur ma propre terre », affirme Ahmad. « Je ne suis ni libanais ni israélien. Je veux que Ghajar redevienne syrien dans le cadre d’un accord de paix entre Israël et la Syrie », explique-t-il en baissant la voix pour que les soldats postés à l’entrée du village ne l’entendent pas. Pour lui, l’ennemi, ce n’est ni le Hezbollah, « qui a détruit ma maison », ni Israël, « qui m’interdit de la reconstruire », mais les instances internationales qui laissent perdurer cette situation qu’il qualifie d’« absurde ». « Pourquoi l’ONU ne fait rien ? » s’insurge-t-il en désignant le drapeau bleu flottant au-dessus du bâtiment de la Finul, à quelques centaines de mètres de l’entrée du village, côté libanais. Côté israélien, il doit montrer sa carte d’identité et ouvrir le coffre de sa voiture avant de pouvoir, avec sa femme et sa fille, traverser le village et se rendre chez lui, à Ghajar, côté Liban. Le 11 octobre, le représentant de l’ONU au Liban, Geir Pedersen, avait estimé qu’une solution serait « prochainement » trouvée à Ghajar. Depuis, on indique de source onusienne que le départ des soldats israéliens de ce village, l’une des exigences du Liban, est retardée pour des raisons administratives.
«Nous sommes en prison ! » explose Ahmad, 35 ans. Il est aux portes de son village, Ghajar, à cheval sur la frontière libano-israélienne, toujours sous l’emprise d’Israël après la dernière guerre dans le secteur, rapporte l’AFP dans un reportage signé Michaël Blum.
« Les Israéliens ont bouclé le village de tous les côtés, mais ils m’empêchent de reconstruire ma maison détruite » lors des derniers bombardements de cet été, se plaint-il.
La petite bourgade est entièrement entourée de barbelés, y compris du côté libanais. À l’intérieur, une barrière de plus de deux mètres de hauteur la scinde en suivant le tracé de la frontière internationale.
Des barrages militaires sur la petite route qui mène à Ghajar interdisent à toute personne d’y pénétrer. « Zone militaire fermée », indique...