Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

CimaIses Pour la première fois, William Hogarth (1697-1764) au Louvre

Inventeur du copyright, militant de la cause animale et créateur de la série en peinture, William Hogarth (1697-1764) est également considéré comme le premier peintre véritablement anglais. Une rétrospective lui est consacrée pour la première fois en France, au musée du Louvre. L’exposition « William Hogarth (1697-1764) » présente jusqu’au 8 janvier 2007, 45 peintures pour la plupart prêtées par les grands musées anglais, et 40 gravures d’un artiste connu de tous les écoliers britanniques et pourtant absent des collections de peinture en Europe. Hogarth a été le « premier artiste anglais à connaître une réputation internationale et le premier artiste moderne à promouvoir l’art de masse, à conjuguer art et grand public, en utilisant la gravure », indique Olivier Meslay, commissaire de l’exposition. « Andy Warhol n’aurait pas pu exister sans Hogarth », ajoute-t-il. Avec Hogarth « naît une école anglaise de peinture avec une identité distincte », ajoute devant la presse Frédéric Ogée, cocommissaire de l’exposition et professeur d’études anglophones à Paris-VII-Jussieu. La peinture anglaise, dominée auparavant par les peintres d’ascendance flamande ou germanique, donnera après lui Gainsborough, Reynolds ou Constable, maîtres du portrait et du paysage. Cette première exposition jamais organisée en France se divise en une dizaine de sections, évoquant l’homme des Lumières témoin de son temps, l’artiste qui renouvelle l’art du portrait et invente le feuilleton en peinture avec des séries de contes moraux et sociaux, satiriques et didactiques, diffusées par la gravure. Sa première série, La carrière de la prostituée, a tellement de succès qu’elle est « immédiatement copiée et vendue par des faussaires », raconte Olivier Meslay. Hogarth milite alors pour l’existence d’un copyright et « attend la loi – votée en 1735 – pour lancer les séries suivantes », dit-il. Suivront La Carrière du Roué, Le Zèle et la Paresse, Le Mariage à la mode, Les Quatre étapes de la cruauté ou La Ruelle du Gin, où Hogarth évoque, par des historiettes dont on se plaît à explorer les détails, les ravages du jeu, du gin ou de la syphilis ou la triste fin – sur une table de dissection – d’un tortionnaire d’animaux. « Hogarth s’intéresse à donner un sens moral » à ces séries, pas par puritanisme mais parce qu’il « veut faire prendre conscience aux gens que tous leurs actes ont leurs conséquences », dit-il. Les classes moyennes apparaissent au XVIIIe et « sont en recherche d’identité », ajoute M. Ogée. Hogarth, « pour qui le beau, c’est le vivant », va inventer les Conversations Pièces, ces portraits où les personnages parlent, bougent, se représentent dans leur activité sociale. Mais Hogarth n’est pas dupe et peint une scène hilarante de « débauche généralisée, quand le peintre est parti ! », dit M. Ogée, où les notables débraillés perdent leur perruque dans les bassines à punch. L’exposition entend également montrer que Hogarth, par-delà ses histoires, était un artiste de premier plan, soulignent les commissaires. Il fut l’un des premiers à réfléchir sur son art, publiant un traité d’esthétique, et livre des portraits sensibles de bons bourgeois, de domestiques ou d’enfants. La rétrospective se rendra ensuite du 7 février au 29 avril à la Tate Britain de Londres, puis du 21 mai au 26 août à la fondation La Caixa à Madrid. Fabienne FAUR (AFP)
Inventeur du copyright, militant de la cause animale et créateur de la série en peinture, William Hogarth (1697-1764) est également considéré comme le premier peintre véritablement anglais. Une rétrospective lui est consacrée pour la première fois en France, au musée du Louvre.
L’exposition « William Hogarth (1697-1764) » présente jusqu’au 8 janvier 2007, 45 peintures pour la plupart prêtées par les grands musées anglais, et 40 gravures d’un artiste connu de tous les écoliers britanniques et pourtant absent des collections de peinture en Europe.
Hogarth a été le « premier artiste anglais à connaître une réputation internationale et le premier artiste moderne à promouvoir l’art de masse, à conjuguer art et grand public, en utilisant la gravure », indique Olivier Meslay, commissaire de l’exposition. «...