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Quand le cerveau «leurré» s’autojustifie

L’addiction ou la dépendance à une substance psychoactive se caractérise par l’impossibilité pour un individu de s’en passer sans ressentir un manque douloureux et un besoin irrépressible d’en consommer à nouveau. Les substances psychoactives agissent en fait sur le cerveau, perturbant les circuits d’échanges d’informations entre les neurones en mimant l’action des messagers naturels. «Toutes les drogues agissent en stimulant le circuit du plaisir et de la motivation», explique le Pr Michel Reynaud, psychiatre et spécialiste de l’addictologie à l’hôpital Paul-Brousse. «Les drogues viennent prendre la place des modulateurs naturels» sur les récepteurs, soulève-t-il. Les substances psychoactives (amphétamine, cocaïne, morphine, héroïne, cannabis, nicotine, etc.) augmentent la libération dans le cerveau de la dopamine, une molécule fabriquée par les neurones qui active un «circuit de récompense», entraînant sur le moment des sensations de plaisir et de bien-être. «L’illogisme» de la personne dépendante qui, intellectuellement, sait que le produit qu’elle consomme est mauvais mais ne peut s’empêcher d’en prendre, «s’explique, parce que le produit est venu se greffer à tous les niveaux du plaisir et de la décision». «Le cerveau s’autojustifie», remarque le Pr Reynaud. La nicotine apparaît comme le principal composant du tabac responsable du phénomène addictif. Elle «vient leurrer le mécanisme naturel du système de récompense», résume le Pr Reynaud. Pour expliquer la dépendance du fumeur, des études récentes ont toutefois mis en cause d’autres composants de la cigarette, dont la fumée contient plus de 4000 produits chimiques. Des recherches portent notamment sur les additifs présents dans les cigarettes (menthol, additifs ammoniacaux, édulcorants) ou encore sur des substances présentes dans la fumée de tabac comme le norharmane. Un fait est certain: tous les individus ne sont pas égaux devant le risque de dépendance. Il existe en effet des facteurs de prédisposition génétiques et environnementaux. De plus, les fumeurs ont des façons différentes de fumer, certaines permettent d’absorber davantage de nicotine qui, absorbée par la fumée, atteint le cerveau plus rapidement qu’une injection intraveineuse. Selon le Pr Reynaud, seuls 10% des fumeurs ne présentent pas de profil addictif, une proportion inverse de celle retenue pour l’alcool. «Plus on commence tôt, plus on devient dépendant», précise-t-il. Et d’ajouter que chez les plus jeunes, le «cerveau en phase de maturation» est d’autant plus vulnérable. Des études ont montré que le passage de l’initiation au tabac à la dépendance est un processus rapide chez les adolescents, sans relation directe avec la quantité de cigarettes consommées. Le tabac, comme l’alcool, présente la particularité d’être licite et socialement toléré, donc facile d’accès. Or «plus on est exposé à un produit, plus on a de chances de devenir dépendant», indique le Pr Reynaud.
L’addiction ou la dépendance à une substance psychoactive se caractérise par l’impossibilité pour un individu de s’en passer sans ressentir un manque douloureux et un besoin irrépressible d’en consommer à nouveau. Les substances psychoactives agissent en fait sur le cerveau, perturbant les circuits d’échanges d’informations entre les neurones en mimant l’action des messagers naturels.
«Toutes les drogues agissent en stimulant le circuit du plaisir et de la motivation», explique le Pr Michel Reynaud, psychiatre et spécialiste de l’addictologie à l’hôpital Paul-Brousse. «Les drogues viennent prendre la place des modulateurs naturels» sur les récepteurs, soulève-t-il.
Les substances psychoactives (amphétamine, cocaïne, morphine, héroïne, cannabis, nicotine, etc.) augmentent la libération dans le...