La marche indécise des Frères musulmans vers le pouvoir
le 14 octobre 2006 à 00h00
Les Frères musulmans n’ont jamais paru aussi proches d’une prise légale du pouvoir en Égypte, mais la volonté de la confrérie islamiste de le conquérir est largement mise en doute.
Avec une percée importante aux élections législatives égyptiennes, les Frères musulmans peuvent prétendre à une prise de pouvoir légale, surtout que l’État, sans les reconnaître, les tolère.
« Le pouvoir ne veut pas les casser, il a un intérêt stratégique à garder dans le jeu une organisation structurée, le pire pour sa stabilité étant l’éclatement des islamistes en cellules incontrôlables », affirme Amr Choubaki, un des plus réputés chercheurs égyptiens sur la confrérie.
Pour Hala Moustafa, rédactrice en chef de la revue Dimuqratia, la force des Frères « n’est pas une menace pour le régime, mais l’arrange, en le faisant passer aux yeux de l’Occident comme un rempart face l’alternative islamique ».
Et si la confrérie, qui reste marquée par une culture de la clandestinité, s’aventure avec prudence dans la politique, elle poursuit sans entraves son activité de prédication, réislamisant, avec succès, la société égyptienne. Les Frères, qui se lancent en novembre à la conquête des syndicats ouvriers, contrôlent déjà ceux des médecins, des ingénieurs, des avocats. Ils ont tissé des réseaux de solidarité, avec dispensaires et associations caritatives.
Mais, pour Amr Choubaki, c’est aussi et surtout l’exercice du pouvoir que les Frères égyptiens craignent d’affronter, notement en ce qui concernera le traitement du dossier des relations avec Israël.
« Si l’opinion publique est anti-israélienne, le peuple n’est pas prêt à en assumer les conséquences, sans parler du contexte diplomatique. Et les Frères musulmans le savent très bien », affirme Choubaki.
Les Frères musulmans n’ont jamais paru aussi proches d’une prise légale du pouvoir en Égypte, mais la volonté de la confrérie islamiste de le conquérir est largement mise en doute.
Avec une percée importante aux élections législatives égyptiennes, les Frères musulmans peuvent prétendre à une prise de pouvoir légale, surtout que l’État, sans les reconnaître, les tolère.
« Le pouvoir ne veut pas les casser, il a un intérêt stratégique à garder dans le jeu une organisation structurée, le pire pour sa stabilité étant l’éclatement des islamistes en cellules incontrôlables », affirme Amr Choubaki, un des plus réputés chercheurs égyptiens sur la confrérie.
Pour Hala Moustafa, rédactrice en chef de la revue Dimuqratia, la force des Frères « n’est pas une menace pour le régime, mais l’arrange,...
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