Wayne Rooney, qui traîne cette saison son vague à l’âme de joueur devenu ordinaire, revient en équipe d’Angleterre ce soir, pour la première fois depuis son exclusion contre le Portugal au Mondial, son seul fait d’armes en sélection depuis plus de deux ans.
Qu’il soit titulaire ce soir face à la Macédoine, lors du match de qualification à l’Euro 2008, ne fait aucun doute. « Il a toujours été un des meilleurs joueurs, un joueur craint par ses adversaires. Croyez-moi, tant qu’il ne sera pas blessé, Wayne Rooney sera dans mon équipe », affirme le sélectionneur Steve McClaren.
Mais cette assurance s’effondre quand il est demandé à McClaren quel était le dernier bon match de Rooney avec l’Angleterre. Après un silence interminable, il marmonne : « Difficile à dire. »
La dernière bonne prestation sous le maillot blanc du joueur surpuissant, apparu sur le devant de la scène alors qu’il n’avait pas 18 ans, remonte au 21 juin 2004 et à un doublé contre la Croatie (4-2), qui avait qualifié l’Angleterre pour les quarts de finale de l’Euro. Le match suivant, face au Portugal, il se fracture le pied et assiste depuis la touche à l’élimination aux tirs au but.
Punch
Depuis, Rooney n’a plus marqué en treize matchs officiels. Son Mondial, disputé à court de forme après une nouvelle fracture du pied, a été anonyme.
Et ses prestations en club n’apaisent pas les doutes. Son tempérament sanguin lui coûte une nouvelle exclusion lors d’un match de préparation de Manchester United et une suspension pour trois rencontres infligée par la fédération. « C’est très sympa de leur part de me soutenir », ronchonne le jeune homme.
Le 2 septembre, dans un restaurant de Manchester, d’une violente droite, il laisse sur le carreau un obscur défenseur de Blackburn qui, éméché, venait de proposer la bagatelle à son épouse Coleen. Mais le 13 septembre, quand il revient sur les terrains contre le Celtic Glasgow en Ligue des champions, son punch a disparu.
Alex Ferguson le remplace lors de la première défaite de la saison de Manchester United face à Arsenal (0-1), provoquant une moue boudeuse du joueur. En Ligue des champions, à Lisbonne contre Benfica, la star ombrageuse baisse la tête quand ses partenaires Gabriel Heinze et John O’Shea lui reprochent vertement ses déficiences.
« Rien prouvé »
Quand Rio Ferdinand dévoile dans un livre que Rooney lui a dit son intention de marquer l’histoire de Manchester United plus profondément que George Best et Eric Cantona, son ancien capitaine Roy Keane ne fait guère assaut de diplomatie : « Il a encore un sacré bout de chemin à faire. Wayne n’a rien prouvé. »
« Les gens oublient à quel point il était jeune quand il est entré en scène et tout ce qu’il a dû gérer. Peut-être que l’enthousiasme et l’excitation qu’il a générés sont devenus incontrôlables. Il apprend encore son métier », le défend McClaren qui, face à la Macédoine, va l’associer à Peter Crouch, dans un système à deux attaquants censé mieux convenir à Rooney.
« Il faut lui donner la liberté de jouer, de s’exprimer », explique le sélectionneur anglais, qui invoque le manque de compétition de Rooney depuis qu’il s’était blessé en avril contre Chelsea.
« Je suis un buteur qui joue derrière l’avant-centre », confirme Rooney, que le prédécesseur de McClaren, Sven-Goran Eriksson, laissait isolé devant. « Je peux aussi jouer comme ça, mais ça enlève beaucoup de mes qualités », dit-il.
Mais le joueur, s’il a perdu de sa vitesse, a gardé sa lucidité: « Mes résultats sont médiocres et je veux améliorer ça. »
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Wayne Rooney, qui traîne cette saison son vague à l’âme de joueur devenu ordinaire, revient en équipe d’Angleterre ce soir, pour la première fois depuis son exclusion contre le Portugal au Mondial, son seul fait d’armes en sélection depuis plus de deux ans.
Qu’il soit titulaire ce soir face à la Macédoine, lors du match de qualification à l’Euro 2008, ne fait aucun doute. « Il a toujours été un des meilleurs joueurs, un joueur craint par ses adversaires. Croyez-moi, tant qu’il ne sera pas blessé, Wayne Rooney sera dans mon équipe », affirme le sélectionneur Steve McClaren.
Mais cette assurance s’effondre quand il est demandé à McClaren quel était le dernier bon match de Rooney avec l’Angleterre. Après un silence interminable, il marmonne : « Difficile à dire. »
La dernière bonne prestation sous...