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Actualités - Chronologie

Maroun el-Rass veut célébrer « la victoire »

Les habitants du village libanais de Maroun el-Rass, en première ligne de l’offensive de l’État hébreu lancée le 12 juillet au Liban-Sud, se sont réveillés hier soulagés après le retrait israélien, et fiers de « la victoire du Hezbollah », affirme Hervé Asquin dans un reportage réalisé pour l’AFP. Depuis le cessez-le-feu le 14 août, Tsahal avait maintenu une position aux abords de ce village qui surplombe la ligne bleue et des terres israéliennes verdoyantes. Elle était désertée hier matin. « C’est une grande victoire des LibanaisSud et du Hezbollah, nous allons organiser une grande fête », a déclaré à l’AFP Hamad Faris, un cultivateur de 28 ans. « Je suis très heureux, je vais pouvoir retourner sur ma terre », ajoute-t-il. La fête devra cependant attendre encore un peu. Maroun el-Rass n’est plus qu’un champ de ruines, et la plupart des habitants sont partis se réfugier à Beyrouth ou ailleurs. Dans les quelques rares maisons encore debout, ils ne sont plus que quelques centaines, sur 6 000 avant la guerre. Les Israéliens avaient pris position à quelques centaines de mètres du village, au bout d’un chemin creux. Non loin de leur position, un poste de la Finul tenu par des soldats ghanéens paraît désert. Il porte encore les stigmates des bombardements et seul le ronronnement d’un générateur témoigne de son occupation. Mohammad Allaouihé, 45 ans, assure avoir vu dans la nuit « huit soldats israéliens avec un tank rentrer en Israël puis un bulldozer venir retourner la terre pour effacer toute trace de la position israélienne ». Aux premières heures de la matinée, il s’est rendu avec un ami pour récupérer ce qu’il pouvait. Leur butin est maigre : deux rouleaux de barbelés qu’ils vont essayer de vendre. Pendant la conversation, deux hommes approchent. Ils disent avoir observé la position toute la nuit. Al-Hajj Youssef Fariss, un homme d’une soixantaine d’année, se dit lui aussi « très heureux ». « Je ne dormais pas, les tanks sont passés derrière ma maison », explique-t-il. Les Israéliens, assure-t-il, ont saccagé son oliveraie. Il s’apprête à retourner dans ses champs, mais redoute les sous-munitions non explosées laissées par les bombardements. À l’épicerie du village, installée au rez-de-chaussée d’une maison soufflée par les bombes israéliennes, rares sont les clients. On vient surtout acheter un peu de pain. Privé d’eau et d’électricité, Maroun el-Rass est encore un village fantôme. L’épicier, Hussein Fariss, un jeune homme de 18 ans, se réjouit du départ des Israéliens. « Maintenant, nous sommes libres, nous sommes fiers de cette victoire, nous n’aurons plus peur la nuit », commente-t-il. « Les gens ici ont retrouvé le sourire et demain peut-être, beaucoup de villageois vont rentrer après avoir entendu parler du départ des Israéliens », espère le jeune épicier. Mahmoud Farès, la cinquantaine, est de ceux-là. Tout juste de retour de son exil forcé à Beyrouth, il gare sa voiture un instant devant l’épicerie. « Je n’ai plus de maison, elle est entièrement détruite », dit-il, encore sous le choc de sa découverte.
Les habitants du village libanais de Maroun el-Rass, en première ligne de l’offensive de l’État hébreu lancée le 12 juillet au Liban-Sud, se sont réveillés hier soulagés après le retrait israélien, et fiers de « la victoire du Hezbollah », affirme Hervé Asquin dans un reportage réalisé pour l’AFP.
Depuis le cessez-le-feu le 14 août, Tsahal avait maintenu une position aux abords de ce village qui surplombe la ligne bleue et des terres israéliennes verdoyantes. Elle était désertée hier matin.
« C’est une grande victoire des LibanaisSud et du Hezbollah, nous allons organiser une grande fête », a déclaré à l’AFP Hamad Faris, un cultivateur de 28 ans. « Je suis très heureux, je vais pouvoir retourner sur ma terre », ajoute-t-il.
La fête devra cependant attendre encore un peu. Maroun el-Rass n’est...