S’inspirant du précédent Élias Sarkis, élu six mois avant la fin de l’expiration du mandat du président Frangié, mais sans passation des pouvoirs, le président Sélim Hoss propose, pour dénouer la crise, une formule similaire. On commencerait donc par la présidentielle, comme le veut le 14 Mars, mais le président Lahoud ne partirait pas. Les anciens présidents du Conseil, réunis, ont publié une note d’entente pour dégager le pays du bras de fer politique et établir l’unité nationale sur de nouvelles bases.
La majorité souhaite, on le sait, que la présidentielle ait lieu d’abord. Alors qu’en face, dans le camp du 8 Mars, on exige qu’un nouveau gouvernement et des législatives anticipées passent avant. Il y a blocage, chacun campant sur ses positions. Tandis que le président Lahoud répète que, dans tous les cas de figure, il reste à son poste jusqu’à la fin de son mandat prorogé.
Analysant la situation, le président Hoss pense donc avoir trouvé un compromis acceptable pour tous. Il va effectuer une tournée des pôles pour proposer son idée, en commençant par les chefs religieux, et il a déjà vu cheikh Kabbani. Viendront ensuite les présidents Lahoud, qui lui accorde audience lundi, Berry et Siniora. La démarche de l’ancien Premier ministre serait soutenue par d’autres conciliateurs, dont le président Berry, qui déploie de son côté des efforts en vue de la reprise du dialogue national, sous une nouvelle formule. Le but étant, à travers la détente et l’entente politiques, de permettre au pays, exsangue, d’amorcer son redressement économique et financier.
Cependant, pour qu’il y ait élection présidentielle sans passation immédiate des pouvoirs, il faudrait amender l’article 73 de la Constitution, article qui fixe les délais. Pour que l’on puisse, par exemple, procéder au scrutin huit mois avant la fin du mandat. En espérant qu’il y aurait ensuite coopération entre le président en place et son successeur, pour que ce dernier puisse se faire la main, prendre connaissance des dossiers, comme ce fut le cas entre Frangié et Sarkis. Une sorte de cohabitation harmonieuse, en somme.
Mais les entraves sont nombreuses. Le président Lahoud pourrait ne pas accepter, de crainte que son successeur potentiel ne lui convienne pas puisqu’il serait élu par la majorité. À ce propos, il y a de forts risques qu’il n’y ait toujours pas entente entre le 14 et le 8 Mars sur le nom du nouveau président, donc pas d’élection. Car l’opposition est en mesure de torpiller le quorum des deux tiers. La solution serait évidemment que l’on se rabatte sur une liste de candidats de consensus neutres. Mais il faudrait encore que les deux camps en présence renoncent à l’avantage énorme d’avoir la présidence sous leur coupe. Ils pourraient accepter si l’opposition avait la certitude d’un président qui ne lui mettrait pas des bâtons dans les roues. Et si, de son côté, le 14 Mars a l’assurance de rester dominant au pouvoir en gardant la majorité.
Émile KHOURY
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats S’inspirant du précédent Élias Sarkis, élu six mois avant la fin de l’expiration du mandat du président Frangié, mais sans passation des pouvoirs, le président Sélim Hoss propose, pour dénouer la crise, une formule similaire. On commencerait donc par la présidentielle, comme le veut le 14 Mars, mais le président Lahoud ne partirait pas. Les anciens présidents du Conseil, réunis, ont publié une note d’entente pour dégager le pays du bras de fer politique et établir l’unité nationale sur de nouvelles bases.
La majorité souhaite, on le sait, que la présidentielle ait lieu d’abord. Alors qu’en face, dans le camp du 8 Mars, on exige qu’un nouveau gouvernement et des législatives anticipées passent avant. Il y a blocage, chacun campant sur ses positions. Tandis que le président Lahoud répète que, dans...