Bucarest, de notre envoyé spécial, Antoine AJOURY
Le Liban était à l’honneur hier en Roumanie à l’occasion de la clôture de l’Assemblée générale de l’Association internationale des maires francophones (AIMF), qui s’est déroulée en marge du sommet de la francophonie. Un sommet où l’absence, jusqu’à présent, d’une délégation libanaise s’est fait tellement sentir que paradoxalement, le Liban était plus que jamais présent à l’ordre du jour dans les coulisses et dans les discours des participants.
La XXVIe Assemblée générale de l’AIMF, qui se tenait à Bucarest sur le thème « Ville et éducation citoyenne », a clôturé ses travaux en présence du président français Jacques Chirac, du secrétaire général de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) Abdou Diouf, du président de l’AIMF et maire de Paris, Bertrand Delanoë, ainsi que du maire de la ville hôte, Adrian Videanu.
Et c’est un appel poignant, dans son discours de clôture, que Jacques Chirac a lancé aux villes francophones afin qu’elles aident Beyrouth à « retrouver son éclat et sa magie ». « Dans un monde troublé, ce sont souvent les populations des villes qui sont les premières victimes, à l’image de la tragédie (...) qui vient de frapper et d’endeuiller Beyrouth, qui nous accueillait il y a quatre ans », a-t-il ainsi déclaré, ajoutant que l’« AIMF (dont il est fondateur et président d’honneur) est en première ligne pour aider cette ville malheureuse à retrouver son éclat et sa magie ».
Quant à Bertrand Delanoë, qui était récemment à Beyrouth, il a lui aussi rendu un vibrant hommage au Liban. « Nous avons besoin que vive le Liban », a déclaré le maire de Paris, tout en ajoutant que « le peuple libanais est un peuple modèle. Au nom de tous les maires francophones, je veux affirmer que nous sommes tous libanais », s’est-il exclamé, en terminant son discours sous les applaudissements de l’assemblée.
À la fin de son intervention, Jacques Chirac est descendu saluer chaleureusement Rachid Jalkh et Assaad Barrak, venus représenter respectivement les municipalités de Beyrouth et de Zahlé.
En effet, loin des polémiques politiques et diplomatiques, MM. Jalkh et Barrak se sont retrouvés à Bucarest pour témoigner à leurs collègues francophones la souffrance des Libanais après la guerre qui a opposé le Hezbollah à Israël.
Leur présence aux réunions des maires francophones est ainsi une preuve éclatante de l’intérêt de faire porter la voix de deux grandes villes libanaises devant les instances internationales. À part la Roumanie, pays hôte, le Liban fut donc le seul pays cité lors des différents discours hier, afin d’exprimer la solidarité et l’attachement de la francophonie au pays du Cèdre.
« Ce fut une assemblée consacrée au Liban », a déclaré ainsi Assaad Barrak. « Beyrouth était le centre des discussions », a ajouté pour sa part Rachid Jalkh qui s’est réjoui « de cet élan de solidarité exceptionnel » apporté par les maires francophones au Liban.
Par ailleurs, Assaad Barrak a affirmé que l’AIMF va verser immédiatement 80 000 euros comme aide d’urgence pour la reconstruction du pont du Litani dans la Békaa-Est. D’autre part, l’association francophone va financer prochainement un projet d’adressage de la ville de Zahlé.
Sur un tout autre plan, Mme Michèle Gendreau-Massaloux, rectrice de l’Agence universitaire francophone, a déclaré, lors d’un point de presse hier, que l’AUF s’est mobilisée pour assurer une rentrée efficace des étudiants étrangers qui avaient dû quitter le Liban durant la guerre et qui désirent y retourner pour poursuivre leurs études.
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