Une porte ouverte dans le grillage, des traces de chenilles dans la terre, des bulldozers manœuvrant au loin : invisible ou presque, la présence israélienne attise rumeurs et tensions à la frontière libanaise, à l’approche du retrait annoncé des derniers soldats de l’État hébreu, rapporte Sylvie Groult, de l’AFP.
Marwahine, un village frontalier du caza de Tyr, est l’une des deux positions encore occupées, selon l’armée libanaise, par des soldats israéliens, avec la région de Khiam, dans la partie orientale du Liban-Sud.
« Les Israéliens sont toujours là-bas, sur la colline », assure un villageois, Hassan Ali Ghannam, en désignant la hauteur rocailleuse où flotte, sur une maison en ruine, le drapeau de l’État hébreu. La colline est déserte, et d’éventuels soldats invisibles.
Mais en contrebas, une ouverture béante troue le grillage qui dessine la ligne bleue, frontière entre le Liban et l’État hébreu. « Les soldats vont et viennent », assure Hassan Ali Ghanam.
Un peu à l’écart, des bulldozers israéliens manœuvrent tout près de la ligne, côté libanais. Comme dans le village voisin de Yarine. Des opérations observées ces derniers jours en différents points de la frontière, qualifiées par l’ONU de « violations mineures » de la trêve et qui entretiennent les inquiétudes des villageois.
En outre, Israël laisse maintenant planer le doute sur la date du départ, initialement prévue vendredi, de ses derniers soldats.
D’invérifiables récits dénonçant les visées expansionnistes d’Israël se répètent de village en village, expéditions nocturnes de commandos ou modifications du tracé de la ligne bleue pour empiéter sur le sol libanais.
Sur un promontoire près de la localité de Markaba, dans l’est de la zone frontalière, le sol fraîchement labouré porte les empreintes d’engins de terrassement, invisibles une semaine plus tôt. Les habitants assurent que les Israéliens ont « avancé la frontière ».
« Ils ont travaillé plusieurs jours avec un char et deux bulldozers. Les gens sont en colère. Après autant de destructions, nous voulons qu’ils partent », explique un villageois, Abdel Karim Younès.
Il montre du doigt le grillage qui matérialise la ligne bleue. Celle-ci n’a pas bougé. L’armée libanaise a pourtant protesté contre un déplacement de la frontière, atteignant, selon elle, un kilomètre, à Markaba et dans plusieurs autres villages.
Par contre, à Kfar Kila, au nord de Markaba, l’installation par les Israéliens de nouveaux barbelés, à quelques dizaines de mètres de la frontière en territoire libanais, a soulevé récemment l’émoi de la population et une demande d’explications de l’ONU.
D’autres plaintes visant « la poursuite des violations israéliennes de la souveraineté libanaise » ont été déposées auprès de la Force intérimaire des Nations unies (Finul), qui a ouvert une enquête. Le Liban y dénonce les survols de son espace aérien ainsi que le pompage des eaux de la rivière Wazzani, qui prend sa source au Liban et se déverse en Israël.
Démonstrations de force du côté israélien, nervosité palpable du côté libanais, où les miliciens du Hezbollah, revenus à la vie civile, n’ont pas désarmé : la région frontalière vit toujours sous tension.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Une porte ouverte dans le grillage, des traces de chenilles dans la terre, des bulldozers manœuvrant au loin : invisible ou presque, la présence israélienne attise rumeurs et tensions à la frontière libanaise, à l’approche du retrait annoncé des derniers soldats de l’État hébreu, rapporte Sylvie Groult, de l’AFP.
Marwahine, un village frontalier du caza de Tyr, est l’une des deux positions encore occupées, selon l’armée libanaise, par des soldats israéliens, avec la région de Khiam, dans la partie orientale du Liban-Sud.
« Les Israéliens sont toujours là-bas, sur la colline », assure un villageois, Hassan Ali Ghannam, en désignant la hauteur rocailleuse où flotte, sur une maison en ruine, le drapeau de l’État hébreu. La colline est déserte, et d’éventuels soldats invisibles.
Mais en contrebas,...