De manne inespérée, les aides financières et humanitaires accordées au Liban, après le maelström de juillet, de par leur ampleur même, sont devenues l’objet d’un tiraillement politique féroce entre les forces politiques de la majorité parlementaire et la minorité opposante.
En fait, le Courant du futur, le PSP et les Forces libanaises sont accusés par l’opposition d’accaparer ces aides, de les exploiter à leur profit, en les utilisant pour leurs propres clientèles électorales et en en privant certains villages du Liban-Sud.
Les polémiques centrées sur ces aides et leur éventuel détournement ont même poussé certains pays donateurs à s’abstenir de remplir leur engagement à cet égard, en attendant de voir plus clair, ou du moins en attendant que le gouvernement et la Chambre fassent preuve de la cohérence indispensable à l’instauration d’un climat de confiance.
Les accusations lancées vont de l’incurie à l’abus de confiance, au point que des voix s’élèvent en faveur d’une enquête administrative, sinon judiciaire, pour tirer au clair la destination finale des aides parvenues au Haut Comité de secours.
Incidemment, la distribution des aides a pu pâtir d’un conflit d’ordre régional, comme le prouve la décision du Qatar de distribuer directement l’aide qu’elle accorde, loin des circuits, jugés trop proches de l’Arabie saoudite, du Haut Comité de secours, qui fonctionne dans l’orbite du Courant du futur.
Pour mettre de l’ordre dans ce capharnaüm ou, pour les amateurs d’aventures, dans cette caverne de Ali Baba, certaines voix appellent à l’organisation d’une conférence arabe et internationale consacrée à l’aide au Liban, en vue de la création d’une caisse spéciale à cet effet.
Le gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, préconise la création d’une caisse spéciale pour le financement de la reconstruction qui assurerait la transparence des mouvements de fonds, par le contrôle de l’affectation des montants aux projets pour lesquels ils ont été accordés.
De son côté, le ministre des Finances, Jihad Azour, a lancé l’idée d’un conseil spécial destiné à coordonner les dons et les aides accordés, en coopération avec le ministère des Travaux publics et des Transports et le CDR. Avec le retour de M. Azour, aujourd’hui, de Singapour, où il a participé, avec le gouverneur de la BDL, à un congrès financier, une réunion présidée par le Premier ministre sera consacrée à ce dossier.
En outre, les aspects purement politiques de cette question seront réglés, espère-t-on, au cours d’une rencontre prévue entre le chef du Courant du futur, Saad Hariri, et un responsable du Hezbollah, sans doute hajj Hassan Khalil, dans le but de dépolitiser le dossier et de le ramener à ses dimensions humanitaires.
Philippe ABI-AKL
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En fait, le Courant du futur, le PSP et les Forces libanaises sont accusés par l’opposition d’accaparer ces aides, de les exploiter à leur profit, en les utilisant pour leurs propres clientèles électorales et en en privant certains villages du Liban-Sud.
Les polémiques centrées sur ces aides et leur éventuel détournement ont même poussé certains pays donateurs à s’abstenir de remplir leur engagement à cet égard, en attendant de voir plus clair, ou du moins en attendant que le gouvernement et la Chambre fassent preuve de la cohérence...