Rechercher
Rechercher

Actualités

Les ponts Bailey de la Seconde Guerre mondiale au secours des Libanais

Sur l’autoroute qui longe le littoral, retentissent parfois des « Vive la France ! » et des « Allez les Bleus ! ». Ces interjections sont adressées, raconte Hervé Asquin, de l’AFP, aux soldats français du génie qui assemblent cinq ponts Bailey, là où les ouvrages de béton ont été pulvérisés par les bombes israéliennes il y a quelques semaines. Une deuxième vie est ainsi offerte à ces ponts métalliques en kit, baptisés du nom de leur concepteur britannique Donald Bailey : ils patientaient depuis la Seconde Guerre mondiale en Seine-et-Marne, à l’est de Paris, dans les entrepôts d’un improbable centre national des ponts de secours... « Ces ponts étaient entretenus régulièrement comme en témoignent les couches de peinture accumulées au fil des ans, ce qui a permis leur mise en œuvre très rapide », explique le lieutenant-colonel Philippe Kirscher sur le chantier du pont de Naamé. Dans cette ville, les frappes israéliennes ont fracassé avec une incroyable précision les deux voies de l’autoroute dans le sens sud-nord. Les deux autres voies sont soutenues par des échafaudages, leur revêtement comme scalpé par le souffle des déflagrations. Dès l’aube et jusqu’à la tombée de la nuit, une trentaine de légionnaires du 2e Régiment étranger du génie boulonnent les éléments de leur Meccano géant. Ici, la chaleur moite est rendue plus accablante encore par le bitume surchauffé. Mais ces ponts en kit ont des atouts et certains sont de taille : ils peuvent être montés à main d’homme en une semaine, voire moins, sans engin de levage lourd. Avec leurs poutres métalliques rustiques et leur tablier de bois, les ponts Bailey ont un parfum de 6 juin 1944. Conçus naguère pour faciliter le mouvement des troupes sur les routes dévastées, ils remplissent la même tâche au Liban, soixante ans plus tard. Quelques kilomètres au nord de Naamé, à Damour, les ponts Bailey sont achevés. Des milliers de véhicules les empruntent chaque jour. Le pont autoroutier avait été effacé fin juillet par deux bombes de près d’une tonne chacune, lancées par l’aviation israélienne. De temps à autre, un petit signe de main ou un sourire adressé aux militaires français témoignent de la reconnaissance des automobilistes. Mais la plupart les emprunte sans y penser. Ils font déjà partie du paysage. Offerts par la France à l’État libanais, ces ponts Bailey seront achevés au début du mois d’octobre, de Arqa à Qasmiyé, rétablissant une artère vitale pour l’économie libanaise. Mais ils devraient permettre aussi aux colonnes des contingents de la Finul Plus, encore stationnés à Beyrouth, de rejoindre leurs positions au Liban-Sud. Il y a cependant une restriction : les ponts Bailey ne supportent pas plus de 40 tonnes. Les fameux chars Leclerc français de 56 tonnes seront donc certainement contraints de les contourner.
Sur l’autoroute qui longe le littoral, retentissent parfois des « Vive la France ! » et des « Allez les Bleus ! ». Ces interjections sont adressées, raconte Hervé Asquin, de l’AFP, aux soldats français du génie qui assemblent cinq ponts Bailey, là où les ouvrages de béton ont été pulvérisés par les bombes israéliennes il y a quelques semaines.
Une deuxième vie est ainsi offerte à ces ponts métalliques en kit, baptisés du nom de leur concepteur britannique Donald Bailey : ils patientaient depuis la Seconde Guerre mondiale en Seine-et-Marne, à l’est de Paris, dans les entrepôts d’un improbable centre national des ponts de secours... « Ces ponts étaient entretenus régulièrement comme en témoignent les couches de peinture accumulées au fil des ans, ce qui a permis leur mise en œuvre très rapide »,...