À Ramlet el-Baïda, sur la seule plage publique de Beyrouth, sanglés dans des combinaisons de protection d’un bleu vif, une quarantaine de volontaires traquent, pelle à la main, les résidus de la marée noire qui, depuis deux mois, défigure la côte libanaise, note Salim Yassine, de l’AFP, dans un reportage.
« Ils sont pleins de bonne volonté, mais il nous en faudrait plus du double et des mois de travail pour nettoyer la plage », soupire le commandant Christian Nedelec.
Cet officier de la marine nationale française aide les autorités libanaises à effacer les séquelles de la marée noire provoquée par les bombardements israéliens de la mi-juillet.
Ramlet el-Baïda, avec ses 1 600 mètres de long pour 60 mètres de profondeur, n’est qu’un des sites parmi des dizaines d’autres qui ont été affectés par cette pollution sans précédent.
Une trentaine de plages et de criques ont été atteintes par les milliers de tonnes de mazout qui se sont déversées dans la mer après le bombardement des réservoirs de la centrale électrique de Jiyeh. Jusqu’à présent, seules 400 des 15 000 tonnes rejetées ont été récoltées.
« Des mesures préventives ont été prises pour isoler le mazout dans les criques, mais la campagne de nettoyage n’a commencé qu’à la fin du mois d’août », explique le commandant Nedelec.
Ca n’est qu’alors que les Français ont pu survoler le littoral et faire arriver le matériel dont ils avaient besoin.
Aujourd’hui, « notre priorité est de former des équipes locales, car nous n’allons pas rester ici éternellement », ajoute ce capitaine de frégate qui, avec huit autres membres de la marine française, assure l’encadrement des équipes libanaises.
Jana, 20 ans, de l’ONG libanaise Greenline, a été promue chef de chantier. Équipée d’un sifflet, elle appelle à un rassemblement pour organiser le travail.
« Des jeunes qui nous ont vu travailler viennent se proposer, mais ils sont tous sans expérience et nécessitent une formation », dit-elle.
Elle se plaint du manque de soutien du ministère de l’Environnement qui n’a pas jusqu’à présent mené une campagne de recrutement. « Les volontaires ne savent même pas où se rendre », ajoute-t-elle.
Le ministère a estimé à 4 000 le nombre de jours nécessaires à la campagne, à condition qu’un millier de personnes y participent.
Les mains protégées par des gants, Cyrielle et Marielle Khayat, deux sœurs de 19 et 20 ans, transpirent à grosses gouttes sous un soleil de plomb en tirant derrière elles un sac d’une trentaine de kilos de déchets.
« C’est dur, mais il faut que les Libanais nettoient leur côte et pas des étrangers », assure Marielle, étudiante en économie à l’Université américaine de Beyrouth.
Philippe Mazin, un des experts de la marine française, leur montre ce qu’elles doivent faire.
« Il faut décaper à la surface et s’attaquer au sable du bord de l’eau où le fioul s’est introduit sur une profondeur d’un demi-mètre. Tout doit se faire à la main. On ne peut pas utiliser des machines pour laver le sable », explique-t-il.
Les spécialistes craignent en effet que les sables de différentes densités ne se mélangent, remettant en cause les équilibres qui permettent à une plage de résister à l’érosion marine.
Cinq cents mètres plus loin, une pompe aspire le mazout qui s’est introduit dans une crique de pêcheurs en contrebas de la falaise rocheuse : une trentaine de barques noires de mazout y flottent dans un clapotis glauque. Les rochers en calcaire ont absorbé le fioul, et le pied de la falaise blanche semble avoir été peint des couleurs de la nuit.
« À ce rythme, ils n’auront pas fini avant des mois, et les hautes vagues d’hiver qui atteignent plusieurs mètres vont polluer le reste de la falaise », se plaint Abed Mahfouz, un pêcheur.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats À Ramlet el-Baïda, sur la seule plage publique de Beyrouth, sanglés dans des combinaisons de protection d’un bleu vif, une quarantaine de volontaires traquent, pelle à la main, les résidus de la marée noire qui, depuis deux mois, défigure la côte libanaise, note Salim Yassine, de l’AFP, dans un reportage.
« Ils sont pleins de bonne volonté, mais il nous en faudrait plus du double et des mois de travail pour nettoyer la plage », soupire le commandant Christian Nedelec.
Cet officier de la marine nationale française aide les autorités libanaises à effacer les séquelles de la marée noire provoquée par les bombardements israéliens de la mi-juillet.
Ramlet el-Baïda, avec ses 1 600 mètres de long pour 60 mètres de profondeur, n’est qu’un des sites parmi des dizaines d’autres qui ont été affectés par cette...