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La fronde des réservistes israéliens prend de l’ampleur

La vague de critiques contre les responsables israéliens, accusés des échecs de l’offensive au Liban, prend de l’ampleur et ébranle le gouvernement d’Ehud Olmert, qui pourrait être contraint à mettre en place une commission d’enquête dotée de pouvoirs élargis, écrit Marius Schattner, de l’AFP. Ces protestations, auxquelles les médias israéliens donnent un très large écho, ne portent cependant pas sur le principe de la guerre, mais seulement sur la façon dont elle a été menée. Des centaines de soldats et des officiers de réserve du régiment d’infanterie « fer de lance » ont adressé une lettre ouverte au ministre de la Défense, Amir Peretz, et au chef d’état-major, Dan Haloutz, pour dénoncer le « manque de détermination » du commandement et de la direction politique. Dans cette pétition, publiée lundi par le Haaretz, les réservistes affirment que ces carences les ont « privés de la victoire » et exigent une « enquête approfondie ». « Chacun de nous savait, au fond de lui, que nous irions jusqu’à mettre nos vies en danger, dans le but, juste, de défendre les citoyens d’Israël. Mais il y avait une chose que nous ne pouvions, et ne comptions pas, accepter : l’indécision », ont-ils affirmé. « Nous voulions nous battre, mais nous n’avions pas pu le faire tant les ordres étaient confus », s’est plaint hier un officier de réserve à l’origine de la pétition, le lieutenant Roï Eden. « À quoi ça a servi d’avoir mobilisé plus de vingt mille réservistes pour les laisser l’arme au pied », a ajouté le lieutenant, dans un entretien à la radio publique. Des officiers du régiment d’infanterie Alexandoni ont témoigné du mécontentement de leurs hommes, causé notamment par le manque d’équipement et les carences de la logistique, lors d’une rencontre tendue, dimanche, avec le général Haloutz, rapporte la presse. « Mes soldats ne font plus confiance à leurs officiers », s’est plaint l’un d’entre eux, alors que le chef d’état-major promettait que l’armée allait tirer toutes les leçons de ses erreurs. Un général israélien a reconnu dimanche, pour la première fois, que le commandement avait fait preuve d’« arrogance » au cours de la guerre contre le Hezbollah au Liban. « Nous avons pêché à un moment ou un autre par arrogance, moi y compris » face à des ennemis qui « se sont améliorés, renforcés et professionnalisés », a déclaré le chef sortant des unités parachutistes, le général de brigade Yossi Hyman, lors d’une cérémonie de passation des pouvoirs. « En dépit de l’héroïsme dont ont fait preuve des combattants et leurs chefs sur le terrain, nous éprouvons tous un certain sentiment d’échec et de frustration », a ajouté le général. « Une lourde responsabilité pèse sur mes épaules, car je n’ai pas réussi à mieux préparer l’infanterie à la guerre », a poursuivi le général, dans un mea culpa sans précédent. Face à ces critiques, M. Peretz a assuré le gouvernement qu’il examinerait les échecs de l’offensive au Liban, en vue d’un possible « second round » contre le Hezbollah. Le ministre a désigné une commission chargée d’enquêter sur la façon dont l’armée israélienne a mené la guerre au Liban, présidée par l’ancien chef d’état-major Amnon Shahak, qui a commencé ses travaux dimanche. La commission doit remettre un rapport dans trois semaines. Elle n’a cependant aucun pouvoir pour examiner la conduite de la guerre par le gouvernement, ce qui ne serait pas le cas s’il s’agissait d’une commission d’enquête d’État relevant de la justice. Le Premier ministre, Ehud Olmert, a quant à lui demandé au conseiller juridique du gouvernement, Menachem Mazzuz, de présenter ses propres propositions pour une enquête indépendante.
La vague de critiques contre les responsables israéliens, accusés des échecs de l’offensive au Liban, prend de l’ampleur et ébranle le gouvernement d’Ehud Olmert, qui pourrait être contraint à mettre en place une commission d’enquête dotée de pouvoirs élargis, écrit Marius Schattner, de l’AFP.
Ces protestations, auxquelles les médias israéliens donnent un très large écho, ne portent cependant pas sur le principe de la guerre, mais seulement sur la façon dont elle a été menée. Des centaines de soldats et des officiers de réserve du régiment d’infanterie « fer de lance » ont adressé une lettre ouverte au ministre de la Défense, Amir Peretz, et au chef d’état-major, Dan Haloutz, pour dénoncer le « manque de détermination » du commandement et de la direction politique.
Dans cette pétition,...