L’ONU espère le déploiement, d’ici 10 à 15 jours, de 3 000 à 3 500 hommes pouvant constituer l’avant-garde de la « Finul bis », et elle a défini hier, à l’intention d’une cinquantaine de pays, les règles d’engagement de la future Finul renforcée dans l’espoir de convaincre certains d’entre eux de lui fournir des troupes, notamment la France qui apparaît hésitante. Selon une source diplomatique, le concept d’opérations de la future Finul a été communiqué à certaines capitales, dont Paris, dès jeudi matin (heure de New York). Les précisions souhaitées par la France concernent notamment la nature des missions, les règles d’engagement et de commandement et les moyens dont disposera cette force, a précisé le ministère. Et l’ONU, qui avait déjà indiqué attendre beaucoup de la France, l’a redit sans ambiguïté mercredi soir. « Nous espérons beaucoup que la France ne va pas se contenter d’exprimer sa disposition à commander (la Finul), mais sera aussi en mesure de faire une offre précise, combien de troupes elle peut déployer, quel genre d’encadrement elle peut mettre en place pour renforcer notre quartier général », a déclaré le secrétaire général adjoint, Mark Malloch Brown, sur la chaîne de télévision américaine PBS.
En attendant, ces premiers éléments d’une force de l’ONU renforcée seraient attendus en principe au Liban « en début de semaine prochaine », a annoncé hier le commandant des Casques bleus au Liban, le général Alain Pellegrini. « La nouvelle Finul sera très différente de l’ancienne. La vieille Finul est morte. Elle sera plus forte, avec plus d’effectifs et de nouvelles règles d’engagement », a-t-il ajouté. Interrogé sur la durée du retrait des forces israéliennes en parallèle avec le déploiement de l’armée libanaise, le général a dit avoir « bon espoir que cela ne prenne pas plus d’une quinzaine de jours ». Pour lui, « le désarmement n’est pas le problème de la Finul, c’est un problème libanais », a-t-il déclaré. Quant aux combattants du Hezbollah, « il n’est pas sûr qu’ils restent avec leurs armes dans le sud du Liban. Ils peuvent remonter avec leurs armes au nord du Litani, de toute façon c’est un problème libanais ».
Et d’ajouter : « C’est vrai qu’il faut aller le plus vite possible. On n’est à l’abri ni d’une provocation ni d’un malentendu. » Mais le général Pellegrini a souligné que jusqu’à présent les deux parties s’étaient montrées « raisonnables » et manifestaient la volonté d’avancer.
Quoi qu’il en soit, Paris va envoyer au Liban quinze ponts démontables de type « Bailey », qui furent très utilisés pendant la Seconde Guerre mondiale et le sont encore pour rétablir des liaisons en cas d’inondations. Ces ponts métalliques, stockés en Seine-et-Marne, ont commencé à être chargés à bord de camions militaires vers Toulon où ils seront embarqués pour le Liban, a-t-on précisé au ministère français des Transports, qui gère ce matériel. « Ils sont montés en une semaine, ce qui est très rapide, et peuvent supporter des convois de 35 tonnes », a-t-on ajouté.
Enfin, l’on sait déjà que le gouvernement norvégien a indiqué qu’il était prêt à envoyer quatre vedettes lance-torpilles pour contribuer au renforcement de la Finul au Liban-Sud ; que le Premier ministre lituanien, Gediminas Kirkilas, a déclaré que son pays devrait apporter sa contribution à la « Finul bis » ; que plus de 200 soldats du génie et experts en explosifs jordaniens sont partis hier pour le Liban afin d’aider à la reconstruction des ponts et au déminage, et que le gouvernement chypriote a mis hier ses ports et aéroports à la disposition de l’ONU et de l’Union européenne afin de faciliter le transit vers le Liban des Casques bleus de la « Finul bis » (le ministre chypriote des Affaires étrangères, George Lillikas, est d’ailleurs attendu à Beyrouth le 24 août pour y rencontrer Fouad Siniora).
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’ONU espère le déploiement, d’ici 10 à 15 jours, de 3 000 à 3 500 hommes pouvant constituer l’avant-garde de la « Finul bis », et elle a défini hier, à l’intention d’une cinquantaine de pays, les règles d’engagement de la future Finul renforcée dans l’espoir de convaincre certains d’entre eux de lui fournir des troupes, notamment la France qui apparaît hésitante. Selon une source diplomatique, le concept d’opérations de la future Finul a été communiqué à certaines capitales, dont Paris, dès jeudi matin (heure de New York). Les précisions souhaitées par la France concernent notamment la nature des missions, les règles d’engagement et de commandement et les moyens dont disposera cette force, a précisé le ministère. Et l’ONU, qui avait déjà indiqué attendre beaucoup de la France, l’a redit...