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La douleur de Hawra et Sana, orphelines de Cana

«Ma mère m’avait promis un pique-nique après la guerre et durant les bombardements elle nous parlait des friandises qu’elle nous préparerait », raconte Hawra Hachem, 12 ans, la voix entrecoupée de sanglots, au journaliste de l’AFP, Mountasser Abdallah. Le pique-nique n’aura pas lieu. Sa mère et ses trois frères sont morts dans le bombardement israélien sur le village de Cana, le 30 juillet, où 28 civils, dont 16 enfants, ont été tués dans un abri. Assise dans un coin d’un centre d’hébergement à Saïda, Hawra a le regard perdu. « J’ai besoin de ma mère. Mes frères me manquent. Que vais-je devenir ? » dit-elle à mi-voix. Brusquement, elle se met à crier : « Peut-être que ma mère est toujours en vie sous les décombres. Je vous en supplie, allez la retirer, je suis sûre qu’elle est encore vivante. » Puis elle parle de ses frères : Hussein, 12 ans, Ali, 2 ans, très attaché à son nounours, Ibrahim, 7 ans, toujours accroché aux jupes de sa mère, Maryam. Elle qui passait le temps à implorer Dieu qu’aucun mal ne leur arrive. « J’appelle ma mère, mais elle ne vient pas. Je sens que mon frère fait un faux pas, je me retourne et je ne le trouve pas. De toute façon, il ne trébuchera plus désormais, il ne se fera plus de mal, dit-elle, en larmes. « Ils sont aujourd’hui au paradis, j’aurais tellement voulu partir avec eux au lieu de rester seule. » Heureusement qu’il lui reste son père, blessé, qui est toujours hospitalisé à Tyr. Hawra est logée dans un appartement de Saïda avec d’autres réfugiés, dont Sana Chalhoub, 14 ans, qui revit encore et encore ses dernières heures avec sa famille. « Je parlais de l’école avec mes copines, en écoutant avec angoisse le vrombissement des avions israéliens », se souvient-elle. Fatiguée, elle s’est endormie aux côtés de sa mère, avant que la maison ne s’effondre avant le jour. « Je me suis réveillée en entendant crier : “Que ceux qui sont encore vivants sortent !” Je n’avais pas entendu d’explosion. J’ai senti du sang couler de ma tête. L’obscurité était totale », raconte-t-elle. Pour sortir, elle a marché sur des corps. « Je me suis mise à appeler : “Papa ! maman !” Personne n’a répondu. J’ai retrouvé ma sœur Zeinab qui m’a crié de sortir, alors qu’elle cherchait nos parents sous les décombres. » Sana a été conduite à Tyr où personne ne lui a dit que ses parents étaient morts. Ce n’est qu’une fois à Saïda, une quarantaine de kilomètres plus au nord, où les familles déplacées viennent consulter le registre des victimes, qu’elle a compris. « Des voisins qui m’ont reconnue se sont mis à pleurer quand j’ai demandé s’ils avaient vu mes parents. » Mohammad Chalhoub, un membre du conseil municipal de Cana, qui s’occupe de Hawra, de Sana et d’autres déplacés du village, s’efforce d’alléger leurs souffrances, mais estime que seul le temps pourra effacer leur peine. Il faudra d’abord qu’elles puissent faire le deuil de leurs parents en les enterrant. Mais à cause des bombardements, les funérailles des victimes de Cana ont été reportées à plusieurs reprises.
«Ma mère m’avait promis un pique-nique après la guerre et durant les bombardements elle nous parlait des friandises qu’elle nous préparerait », raconte Hawra Hachem, 12 ans, la voix entrecoupée de sanglots, au journaliste de l’AFP, Mountasser Abdallah. Le pique-nique n’aura pas lieu.
Sa mère et ses trois frères sont morts dans le bombardement israélien sur le village de Cana, le 30 juillet, où 28 civils, dont 16 enfants, ont été tués dans un abri.
Assise dans un coin d’un centre d’hébergement à Saïda, Hawra a le regard perdu.
« J’ai besoin de ma mère. Mes frères me manquent. Que vais-je devenir ? » dit-elle à mi-voix. Brusquement, elle se met à crier : « Peut-être que ma mère est toujours en vie sous les décombres. Je vous en supplie, allez la retirer, je suis sûre qu’elle est encore vivante....