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Actualités - Chronologie

Le conflit voit la montée en puissance du gendarme iranien

L’offensive israélienne au Liban, entrée dans sa quatrième semaine, voit la montée en puissance du rôle de l’Iran au pays du Cèdre, sur le point de remplacer celui tenu pendant des décennies par la Syrie, estime Joseph Badaoui dans une analyse pour l’AFP. Soutien principal du Hezbollah, Téhéran a dépêché en début de semaine à Beyrouth son ministre des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, pour discuter du conflit avec les dirigeants libanais. « Cette visite rappelle celles qu’effectuait au Liban, à partir des années 70, le chef de la diplomatie syrienne de l’époque, Abdel Halim Khaddam, qui allaient de pair avec l’emprise de Damas sur la vie politique libanaise », a indiqué à l’AFP un membre de la majorité parlementaire. « C’est comme si M. Mottaki était venu au Liban en disant “J’en fais mon affaire”, ce qui fait penser que le pays est entré dans sa période “Manouchehr Khaddam” », a ajouté ce membre sous le couvert de l’anonymat. Dans sa conférence de presse mardi, M. Motakki avait exprimé des réserves sur le plan global en sept points de règlement du conflit frontalier avec Israël présenté par le Premier ministre libanais Fouad Siniora. Dans une interview à la télévision égyptienne, M. Siniora a rendu compte de son entretien avec le ministre iranien qui lui a dit qu’il fallait limiter son plan à l’instauration d’un cessez-le-feu. M. Mottaki a ajouté qu’à ses yeux, les autres points du plan devraient faire l’objet de discussions plus tard. Selon M. Siniora, le ministre iranien a ajouté que « le plan sera discuté par la direction iranienne ». « Mon plan a été adopté en Conseil des ministres et fait l’objet d’un consensus national », lui a rétorqué M. Siniora, précisant que ses sept points « formaient un tout ». Cette visibilité de l’Iran contraste avec la discrétion de la Syrie, chassée du Liban au printemps 2005. Dans ce contexte, « dire qu’il n’y a pas d’ingérence iranienne dans les affaires libanaises est loin de la réalité », a déclaré à l’AFP Élias Atallah, député de la majorité et secrétaire général de la Gauche démocratique. Selon lui, le Hezbollah « est aux avant-postes du projet iranien de laisser ouvert le front libano-israélien, ce qui pourrait servir les intérêts de Téhéran dans son bras de fer avec l’Occident sur le nucléaire ». « Bien qu’il fasse partie du gouvernement, le Hezbollah refuse toujours de s’intégrer dans les institutions étatiques en tant que parti, car il reste attaché jusqu’à présent au rôle militaire et idéologique qui lui est imparti par l’Iran », a ajouté M. Atallah. « Le Hezbollah bénéficie depuis des années de capacités logistiques et militaires exceptionnelles en provenance de l’Iran via le régime syrien, allié de Téhéran, mais qui n’est plus sur un pied d’égalité avec lui », explique-t-il. Les réticences de Téhéran vis-à-vis du gouvernement libanais sont apparues dès la conférence de Rome durant laquelle M. Siniora a dévoilé son plan. En particulier, les Iraniens paraissaient mal à l’aise avec la proposition de mettre sous juridiction internationale les fermes de Chebaa. Reste à savoir la marge de manœuvre du Hezbollah qui n’a cessé d’affirmer ces derniers mois qu’il était un parti pleinement libanais et non une création de l’Iran, et qui doit faire face à des pressions pour être au diapason des partis politiques libanais qui soutiennent le Premier ministre. D’ores et déjà, « le soutien apporté au plan libanais par les pays arabes dont des représentants ont été dépêchés mercredi à Beyrouth, au lendemain de la visite de M. Mottaki, devrait tempérer les ardeurs de l’Iran », juge un autre député de la majorité, Antoine Andraos.
L’offensive israélienne au Liban, entrée dans sa quatrième semaine, voit la montée en puissance du rôle de l’Iran au pays du Cèdre, sur le point de remplacer celui tenu pendant des décennies par la Syrie, estime Joseph Badaoui dans une analyse pour l’AFP.
Soutien principal du Hezbollah, Téhéran a dépêché en début de semaine à Beyrouth son ministre des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, pour discuter du conflit avec les dirigeants libanais.
« Cette visite rappelle celles qu’effectuait au Liban, à partir des années 70, le chef de la diplomatie syrienne de l’époque, Abdel Halim Khaddam, qui allaient de pair avec l’emprise de Damas sur la vie politique libanaise », a indiqué à l’AFP un membre de la majorité parlementaire.
« C’est comme si M. Mottaki était venu au Liban en disant “J’en...