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Profitant de la trêve, des milliers de Libanais fuient le Sud

Des milliers d’habitants fuyaient hier le Liban-Sud ravagé par l’offensive israélienne, en direction du Nord, quittant les villages de la région après la décision de l’État hébreu de suspendre pendant 48 heures ses bombardements aériens. Des voitures chargées de familles épuisées, alourdies par les valises, les couvertures et les matelas ont pris la route vers Saïda et Beyrouth, évacuant des villages coupés du reste du pays depuis le début de l’offensive israélienne. La ville de Saïda s’est retrouvée rapidement engorgée par le trafic. « Des milliers de voitures ont convergé vers Saïda, et les entrées de la ville ont été bloquées, explique le correspondant de l’AFP. Certaines voitures n’ont fait que passer (…), mais d’autres se sont arrêtées et les occupants demandent de l’aide à la municipalité. » Les villages à l’est de Tyr se sont vidés de leurs derniers habitants. Cana était vide sauf pour quelques irréductibles, qui refusent de quitter leurs maisons face à la menace israélienne. À Bint Jbeil, un premier convoi de la Croix-Rouge est arrivé pour évacuer les derniers habitants, en majorité des malades et des personnes âgées. « Le centre de la ville est totalement dévasté, raconte le photographe de l’AFP. Le marché est détruit. Des dizaines d’immeubles sont effondrés. » Sur la route de Tyr, une famille de 13 personnes originaire de Deir Kanoun s’est entassée dans un minibus pour quitter le village. « Cela fait vingt jours que nous sommes terrorisés par les bombes, raconte le père. Nous ne savons pas où aller. » Une autre famille du village de Jibbain est, elle aussi, restée cloîtrée pendant vingt jours. « Nous avons été pris au piège sans nourriture et sans eau », explique Hassan Mahmoud Akid, 65 ans. À l’entrée de Beyrouth, le flot des voitures est incessant. Oum Ala, mère de quatre enfants, s’est installée derrière le volant d’une vielle Mercedes. Elle a entassé, en quittant Nabatiyé, tout ce qu’elle avait de plus cher, y compris un canari dans sa cage. « Nous ne sommes pas partis avant parce que nous pensions que l’ONU voterait une résolution plus forte, condamnant le massacre de Cana, explique-t-elle. S’ils ne peuvent pas le faire, ils ne peuvent pas nous défendre. »
Des milliers d’habitants fuyaient hier le Liban-Sud ravagé par l’offensive israélienne, en direction du Nord, quittant les villages de la région après la décision de l’État hébreu de suspendre pendant 48 heures ses bombardements aériens. Des voitures chargées de familles épuisées, alourdies par les valises, les couvertures et les matelas ont pris la route vers Saïda et Beyrouth, évacuant des villages coupés du reste du pays depuis le début de l’offensive israélienne.
La ville de Saïda s’est retrouvée rapidement engorgée par le trafic. « Des milliers de voitures ont convergé vers Saïda, et les entrées de la ville ont été bloquées, explique le correspondant de l’AFP. Certaines voitures n’ont fait que passer (…), mais d’autres se sont arrêtées et les occupants demandent de l’aide à la...