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La France marque ses distances avec les États-Unis

La France, qui demande un cessez-le-feu immédiat entre Israël et le Hezbollah, a marqué ses distances avec les États-Unis et rejeté toute initiative en faveur d’une force multinationale qui ne serait pas précédée d’un cessez-le-feu. Les diplomates français ont fait circuler au Conseil de sécurité de l’ONU un projet de résolution demandant la cessation immédiate des hostilités au Proche-Orient, après les bombardements israéliens, hier matin, sur le village de Cana. Plus tôt, le président Jacques Chirac avait condamné le bombardement de Cana, « une action injustifiable qui montre plus que jamais la nécessité de parvenir à un cessez-le-feu immédiat ». De son côté, la chef de la diplomatie américaine Condoleezza Rice, qui a écourté dimanche une visite au Proche-Orient, a déclaré qu’il était « temps de parvenir à un cessez-le-feu », souhaitant qu’il intervienne « le plus tôt possible ». Elle n’a toutefois pas exigé que celui-ci soit immédiat, tandis que le Premier ministre israélien Ehud Olmert lui a demandé « de dix jours à deux semaines pour continuer l’opération », selon un responsable gouvernemental israélien. Le chef de la diplomatie française Philippe Douste-Blazy a fait valoir hier que le drame de Cana n’aurait pas eu lieu « si on avait écouté ce que les Français disent depuis quelques jours ». « Ce qui nous différencie de nos partenaires américains, c’est que nous demandons depuis le début la cessation immédiate des hostilités, seule condition pour qu’il y ait une négociation, puis un accord politique et donc un cessez-le-feu durable », a dit à la presse M. Douste-Blazy. La veille, le ministre français avait vivement critiqué « les initiatives actuelles nombreuses au Conseil de sécurité des Nations unies pour mettre en place une force multinationale dans la région, alors que le cessez-le-feu n’est pas décidé ». Vendredi, Washington et Londres avaient déclaré vouloir déployer « rapidement » une force internationale au Liban. Selon M. Douste-Blazy, une telle « force multinationale, alors que le cessez-le-feu n’existe pas, ne peut avoir véritablement aucune efficacité ». Le ministre français n’avait pas hésité, samedi, à rappeler l’enlisement américain en Irak, en soulignant que « ce n’est pas par la force, par la spirale de la violence que l’on peut arriver à quoi que ce soit, nulle part, mais en particulier dans cet endroit du monde : l’exemple irakien l’a montré ». Ce rappel est d’autant plus frappant que la France, qui avait pris en 2003 la tête du front du refus à la guerre en Irak lancée par les États-Unis et le Royaume-Uni, a été soucieuse depuis de tourner la page, multipliant les gestes de bonne volonté et coopérant étroitement avec Washington sur le nucléaire iranien et la Syrie. Face à Damas, soupçonné d’être derrière l’assassinat en février 2005 du Premier ministre Rafic Hariri, Paris et Washington ont parrainé l’adoption, en septembre 2004, par le Conseil de sécurité, de la résolution 1559, qui a permis le départ des troupes syriennes du Liban et appelé au démantèlement des milices. Sur ce dernier point, le ministre français a fait état samedi d’une « différence » de la France avec les États-Unis « sur les moyens d’obtenir le désarmement du Hezbollah ». Paris et Washington s’étaient récemment rapprochés sur le conflit israélo-palestinien, grâce au retrait des troupes israéliennes de la bande de Gaza, effectué en août 2005 sous pression américaine, et après la disparition du dirigeant palestinien Yasser Arafat, en novembre 2004.
La France, qui demande un cessez-le-feu immédiat entre Israël et le Hezbollah, a marqué ses distances avec les États-Unis et rejeté toute initiative en faveur d’une force multinationale qui ne serait pas précédée d’un cessez-le-feu.
Les diplomates français ont fait circuler au Conseil de sécurité de l’ONU un projet de résolution demandant la cessation immédiate des hostilités au Proche-Orient, après les bombardements israéliens, hier matin, sur le village de Cana.
Plus tôt, le président Jacques Chirac avait condamné le bombardement de Cana, « une action injustifiable qui montre plus que jamais la nécessité de parvenir à un cessez-le-feu immédiat ».
De son côté, la chef de la diplomatie américaine Condoleezza Rice, qui a écourté dimanche une visite au Proche-Orient, a déclaré qu’il était «...