Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Baalbeck, ville fantôme

Bastion du Hezbollah pendant des années, redevenue attraction touristique depuis que la paix était revenue, Baalbeck s’est tranformée en ville fantôme après les violents bombardements israéliens qui ont frappé son centre, rapporte Béatrice Khadige, de l’AFP. Les visiteurs ont déserté les ruines des temples romains, qui font la gloire de la cité millénaire. Le Festival international, qui célébrait cette année son cinquantenaire, a été annulé. Et même la voix de Fayrouz a dû se taire devant le fracas des bombes. « Baalbeck n’avait jamais été visée par autant de raids en même temps, une vingtaine en une heure », raconte le responsable local de la Croix-Rouge, le pharmacien Assad Karra, qui se souvient avec effroi de la journée du 20 juillet, la pire depuis le début des hostilités. Ce jour-là, les avions israéliens ont largué 24 tonnes de bombes sur le cœur de la ville. Baalbeck, où les portraits des grandes figures de l’islam chiite ornent les rues, a été prise pour cible dès l’ouverture des hostilités, le 12 juillet. Trente-cinq personnes ont été tuées et 200 blessées dans la ville et sa région. Encore aujourd’hui, tout au long de la route à quatre voies menant à Baalbeck à travers la Békaa, le visage grave du guide de la révolution Ruhollah Khomeiny accompagne le voyageur. Ainsi que d’immenses portraits du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, tour à tour grave ou bienveillant, souriant ou absorbé dans ses prières. Le centre-ville rasé Les chasseurs-bombardiers israéliens se sont acharnés sur un quartier particulier du centre-ville. Plusieurs immeubles de deux à trois étages s’y sont totalement écroulés, les gravats jonchent les rues, et des plaques de béton pendent dans le vide. À en croire des jeunes gens proches du Hezbollah qui vivent dans ce secteur, ce sont essentiellement des habitations qui ont été visées. Mais non loin de là, une coopérative du parti sur six étages a été réduite en miettes « par des bombes à implosion », raconte Bilal, un milicien. Les rues sont vides, les magasins fermés, et la ville immobile sous le soleil impitoyable de l’été a été abandonnée par au moins le cinquième de ses 125 000 habitants. Ils se sont réfugiés en Syrie, selon des responsables locaux. « Il ne reste plus rien de Baalbeck », affirment Fatima et Norma, deux jeunes filles qui ont fui le centre-ville pour s’installer à l’hôtel Palmyra, en face des majestueuses ruines romaines. « Ils ont tout détruit. » Elles ont 15 ans et 20 ans et n’ont rien vu d’autre que des destructions dans leur course pour échapper aux bombes. « C’est un miracle que nous soyons vivantes », soupirent-elles. Les blessés ont été transportés dans les hôpitaux de la ville, mais les besoins y sont importants, surtout si les bombardements doivent se poursuivre. « Il nous faut des médecins, pour les adultes et les enfants », plaide le pharmacien Karra, dans un appel téléphonique avec la Croix-Rouge à Beyrouth. « Et nous n’avons plus de médicaments pour la tension et le diabète », ajoute-t-il. Dans la vieille bâtisse qui abrite le Palmyra, les déflagrations ont fait exploser les vitres et ont arraché de leurs gonds les portes en bois. L’hôtel, qui a reçu pendant des années les visiteurs illustres qui se pressaient au Festival de Baalbeck, n’est plus que l’ombre de ce qu’il fut. « Nous attendions Fayrouz », explique Manhall Abbas, un employé de l’hôtel, les larmes aux yeux. Mais la diva ne viendra pas.
Bastion du Hezbollah pendant des années, redevenue attraction touristique depuis que la paix était revenue, Baalbeck s’est tranformée en ville fantôme après les violents bombardements israéliens qui ont frappé son centre, rapporte Béatrice Khadige, de l’AFP.
Les visiteurs ont déserté les ruines des temples romains, qui font la gloire de la cité millénaire. Le Festival international, qui célébrait cette année son cinquantenaire, a été annulé. Et même la voix de Fayrouz a dû se taire devant le fracas des bombes.
« Baalbeck n’avait jamais été visée par autant de raids en même temps, une vingtaine en une heure », raconte le responsable local de la Croix-Rouge, le pharmacien Assad Karra, qui se souvient avec effroi de la journée du 20 juillet, la pire depuis le début des hostilités. Ce jour-là, les avions...