Le spectre du « bourbier » libanais où 675 soldats israéliens avaient trouvé la mort dans l’invasion du Liban en 1982 freine le lancement d’une offensive terrestre d’Israël contre le Hezbollah, selon des responsables militaires israéliens.
La question du lancement d’une offensive terrestre est quotidiennement abordée dans des réunions de l’état-major, du ministère de la Défense et du cabinet de sécurité.
Mais jusqu’à présent, aucune décision de se lancer dans une telle opération n’a été prise, le ministre de la Défense Amir Peretz affirmant que son pays n’avait « aucune intention de revenir dans le bourbier libanais ».
Seules sont lancées des incursions de blindés très limitées et brèves, avant un retour rapide en territoire israélien, dans le cadre de l’offensive d’envergure israélienne, la plus importante depuis 1982, lancée contre le territoire libanais depuis le 12 juillet, selon un porte-parole militaire.
« La conception de l’armée, depuis la sortie du Liban en 2000 et depuis le retrait de Gaza (en 2005), a changé, explique un responsable militaire israélien sous couvert d’anonymat. Cette conception est désormais plus défensive et moins agressive sur le terrain et donne la priorité aux raids aériens. »
Illustrant cette stratégie qui joue sur l’ambiguïté, le chef d’état-major israélien Dan Haloutz a récemment estimé qu’« une offensive terrestre n’est pas nécessaire pour achever nos opérations au Liban contre le Hezbollah ».
Et d’enchaîner, lors d’une réunion du cabinet de sécurité : « Nous ne nous y préparons pas pour l’instant, mais je ne l’exclus pas. »
L’idée, selon plusieurs hauts responsables militaires, est de « détruire méthodiquement » toutes les positions du Hezbollah proches de la frontière avec Israël.
C’est pourquoi, ajoute l’un d’eux, « ces jours-ci, des forces terrestres restreintes opèrent au Liban-Sud, essentiellement avec tanks et bulldozers. Nous passons de bunker en bunker et nous les rasons afin de créer une “zone de feu” d’un kilomètre de profondeur qui sera vide de toute présence du Hezbollah ».
Mais, notent les commentateurs israéliens, cette position semble surtout être la position du général Haloutz, ancien commandant de l’armée de l’air, pour qui les raids aériens doivent constituer l’essentiel de l’offensive.
En revanche, pour un officier du renseignement militaire, « la seule solution au problème des tirs de roquettes Katioucha (du Hezbollah sur le nord d’Israël) est de lancer une offensive terrestre ».
« Les avions ne parviennent pas à voir tout ce qui se passe au sol en permanence. Nos forces terrestres sont entraînées et elles ont des moyens pour réduire les tirs, voire les stopper complètement », explique-t-il.
« Le gouvernement et l’armée craignent d’introduire des forces importantes pour ne pas causer de pertes parmi les soldats (...). Nous avons des plans bien précis, mais le gouvernement n’a pas encore donné son feu vert », ajoute-t-il.
Et pour cause. L’explosion d’un char le 12 juillet peu après la capture de deux soldats par le Hezbollah a considérablement refroidi les ardeurs de nombreux officiers qui craignent des pertes humaines en cas d’offensive terrestre. Quatre soldats ont péri dans cette explosion, puis un autre pendant les opérations de récupération des corps.
Selon des officiers du renseignement, le Liban-Sud n’est en effet qu’un « immense piège » qui peut se refermer sur les militaires.
Le Hezbollah, soutiennent-ils, utilise des maisons de civils pour entreposer des roquettes. « Pour détruire ces roquettes, les soldats devront passer de maison en maison, sachant qu’elles sont entourées de mines, que les routes sont parsemées de colis piégés », explique l’un d’eux.
Et de conclure : « Une offensive terrestre entraînera de lourdes pertes dans nos rangs. »
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La question du lancement d’une offensive terrestre est quotidiennement abordée dans des réunions de l’état-major, du ministère de la Défense et du cabinet de sécurité.
Mais jusqu’à présent, aucune décision de se lancer dans une telle opération n’a été prise, le ministre de la Défense Amir Peretz affirmant que son pays n’avait « aucune intention de revenir dans le bourbier libanais ».
Seules sont lancées des incursions de blindés très limitées et brèves, avant un retour rapide en territoire israélien, dans le cadre de l’offensive d’envergure...