L’Arabie saoudite, qui a rendu responsable le Hezbollah de l’offensive israélienne au Liban, craint par-dessus tout que l’Iran n’utilise certains pays arabes pour atteindre ses objectifs ou pour alimenter les querelles confessionnelles dans la région, estiment des analystes saoudiens, cités par l’AFP.
Sans le nommer, le royaume wahhabite a dénoncé l’« aventurisme irresponsable » du Hezbollah, à l’origine, selon Ryad, de l’actuelle offensive militaire israélienne au Liban. « Le royaume ne s’inquiète pas de l’extension de l’influence iranienne en tant que telle, mais du fait que Téhéran utilise des pays arabes comme la Syrie, le Liban et l’Irak pour atteindre ses buts politiques », a déclaré l’analyste Quenan al-Ghamdi.
« Lorsque ces pays ont des problèmes, c’est l’Arabie saoudite qui en porte les conséquences, comme ce fut le cas avec le Liban par le passé et comme ce sera de nouveau le cas » après la destruction causée par les attaques israéliennes, a-t-il ajouté.
Et si la Syrie venait à être attaquée par Israël, c’est l’Arabie saoudite qui réglerait la facture, a assuré M. Ghamdi.
Pour sa part, un membre du Conseil consultatif (Choura), qui a requis l’anonymat, estime que Ryad ne peut pas rester sans rien dire alors que le Liban est transformé en « une arène pour régler des comptes ou lancer des guerres par procuration » entre l’Iran et la Syrie, d’une part, et les États-Unis et Israël, de l’autre.
« Tous les efforts des Saoudiens et des Libanais eux-mêmes pour remettre le pays sur pied ont été réduits à néant par les attaques déclenchées par Israël en représailles contre un acte (l’enlèvement de deux soldats israéliens par le Hezbollah) « pour lequel ni le gouvernement libanais ni les pays arabes n’ont été consultés », a-t-il déclaré.
« Le Liban a été transformé en une arène afin d’alléger les pressions (occidentales) sur l’Iran et la Syrie », le premier pour qu’il suspende son programme nucléaire controversé et la deuxième pour qu’elle reconnaisse la souveraineté du Liban et s’abstienne de s’ingérer dans ses affaires, a poursuivi le membre de la Choura. Il a aussi implicitement critiqué les États-Unis pour avoir bloqué une action de l’ONU visant à obtenir un arrêt du conflit et les a accusés de pousser certaines parties au Liban et dans les territoires palestiniens vers l’extrémisme.
Il y a lieu de rappeler que les critiques saoudiennes contre « l’aventurisme » du Hezbollah – une position soutenue par l’Égypte et la Jordanie – interviennent quelques mois après que Ryad eut accusé l’Iran de s’ingérer dans les affaires irakiennes. Ces accusations avaient alors été perçues comme l’expression de l’inquiétude saoudienne vis-à-vis de l’influence grandissante de Téhéran dans ce pays ravagé par la guerre.
Mais selon M. Ghamdi, le fait que l’Iran soit un pays chiite n’est pas la raison de l’inquiétude du royaume saoudien, qui est gouverné par une dynastie sunnite.
« Le royaume n’a pas d’objection à ce que les chiites irakiens deviennent plus forts si cela se produit dans le contexte d’un accord avec les autres parties », a-t-il dit.
Mais si les violences actuelles entre la majorité chiite irakienne et la communauté sunnite, au pouvoir sous Saddam Hussein, se transforment en guerre civile, l’Arabie saoudite, qui a une importante minorité chiite, « sera affectée politiquement, économiquement et socialement », a-t-il dit.
Pour sa part, le membre de la Choura a estimé, toujours sous le couvert de l’anonymat, que l’influence croissante de l’Iran en Irak avait déjà conduit à un conflit confessionnel dans ce pays et que Ryad ne voulait pas qu’une telle chose se répète au Liban.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’Arabie saoudite, qui a rendu responsable le Hezbollah de l’offensive israélienne au Liban, craint par-dessus tout que l’Iran n’utilise certains pays arabes pour atteindre ses objectifs ou pour alimenter les querelles confessionnelles dans la région, estiment des analystes saoudiens, cités par l’AFP.
Sans le nommer, le royaume wahhabite a dénoncé l’« aventurisme irresponsable » du Hezbollah, à l’origine, selon Ryad, de l’actuelle offensive militaire israélienne au Liban. « Le royaume ne s’inquiète pas de l’extension de l’influence iranienne en tant que telle, mais du fait que Téhéran utilise des pays arabes comme la Syrie, le Liban et l’Irak pour atteindre ses buts politiques », a déclaré l’analyste Quenan al-Ghamdi.
« Lorsque ces pays ont des problèmes, c’est l’Arabie saoudite qui en...