Le Liban est assassiné, démembré, désarticulé, il agonise et ses bourreaux le maintiennent en vie pour mieux le supplicier, pour enfoncer le couteau plus profondément dans son corps, pour déshumaniser sa terrible descente aux enfers.
Le Liban se meurt et ses bourreaux interprètent la danse du scalp sur un champ de ruines. Le Liban est crucifié et les Ponce Pilate ferment les yeux, détournent leur regard du Cèdre ensanglanté.
Le Liban dans la tourmente ? C’est un euphémisme. Le Liban est anéanti, systématiquement démoli, une destruction massive, une annihilation méthodique, ville après ville, village après village, quartier après quartier.
Sa carte géographique même en est pulvérisée, avec la disparition de pièces maîtresses de son infrastructure, de localités entières du Liban-Sud.
Le Liban est assassiné et le monde arabe, compatissant, tient des assises urgentes… pour se déclarer incompétent, pour taire les voix de la raison, timidement émises par Ryad, Le Caire et Amman, pour relancer la balle dans le camp des Nations unies.
Le Liban se liquéfie et le Conseil de sécurité se réunit aussitôt… pour ne rien décider.
Le Liban est abandonné à son sort, quasiment sommé de régler tout seul ses problèmes… et des parties libanaises continuent à parier sur le temps, à refuser le plan de sauvetage solennellement annoncé par Fouad Siniora.
Le Liban pays sinistré : un constat accablant, un SOS pathétique lancé par le Premier ministre d’un pays aux abois. Mais y a-t-il encore des oreilles pour entendre, des instances internationales pour arrêter le massacre ?
Une démission effrayante, mais aussi un message assourdissant : la solution, c’est au Liban qu’elle se trouve, dans l’application entière de la résolution 1559, dans l’adoption immédiate du plan Siniora, dans l’adhésion totale du Hezbollah à la légalité libanaise, seule à même de sécuriser le Liban, de protéger ses frontières.
Le Liban se meurt et toute obstination, tout refus de souscrire à la volonté internationale, à celle de la légalité, seule planche de salut, équivaudraient à un suicide, pire à un crime collectif contre toute la nation.
Sans nullement vouloir revenir au « péché originel », au processus de cause à effet qui a conduit au drame actuel, un jour ou l’autre, quand le cauchemar aura pris fin, le peuple sera en droit de réclamer des comptes, les « aventuriers », pour reprendre les termes du communiqué saoudien, auront à rendre compte de leur action.
Un mot pour finir, une réflexion amère, mais ô combien révélatrice : alors que la machine de guerre israélienne détruit le Liban, le raye de la carte, l’Iran n’a qu’un souci : protéger la Syrie des foudres israéliennes. Laquelle Syrie n’a également qu’un seul souci : rester en dehors de la mêlée… mais en soutenant le Hezbollah jusqu’au dernier Libanais.
Nagib AOUN
* Titre tiré du supplément publié le 14 mars dernier, intitulé « L’espoir en lettres de sang ». L’espoir ne disparaîtra pas et de l’apocalypse surgira forcément la résurrection.
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Le Liban se meurt et ses bourreaux interprètent la danse du scalp sur un champ de ruines. Le Liban est crucifié et les Ponce Pilate ferment les yeux, détournent leur regard du Cèdre ensanglanté.
Le Liban dans la tourmente ? C’est un euphémisme. Le Liban est anéanti, systématiquement démoli, une destruction massive, une annihilation méthodique, ville après ville, village après village, quartier après quartier.
Sa carte géographique même en est pulvérisée, avec la disparition de pièces maîtresses de son infrastructure, de localités entières du Liban-Sud.
Le Liban est...