Fatima et Tanya, les aïeules, étaient encore attablées à 7 heures du matin avec Amal et Mariam, leurs belles-filles, et une ribambelle d’enfants. Deux bombes à implosion israéliennes ont fait disparaître cette famille de 12 personnes sous les décombres.
Juchée sur le flanc d’une colline, leur maison de Zebqine (Liban-Sud) n’offrait plus que le spectacle de blocs de ciment, de briques, de gravats entassés et d’objets brisés épars, derniers témoins d’une vie. Le tout labouré par deux pelleteuses, aidées d’hommes à mains nues à la recherche des corps, sans espoir de survie. « Nous en avons sorti cinq sur douze depuis ce matin », explique, les larmes aux yeux, à l’AFP Jamil al-Bandar, un parent.
Aux appels téléphoniques qui se succèdent sur son portable, il explique que les secours vont le plus doucement possible. Plus loin, trois ambulances recueillent les restes.
« Nous avons retiré une mâchoire, des bras et la moitié du corps de Naïm Baziah, un beau-frère, jusqu’au tronc. Il avait 20 ans », glisse-t-il en soupirant.
Difficile d’identifier ce qui appartient à chacun des six enfants, dont la plus jeune avait sept ans.
Et puis il y avait Souad, qui venait juste d’épouser l’un des fils. D’ailleurs, deux d’entre eux ont pu survivre car, se trouvant aux abords de leur maison de deux étages, ils ont été projetés dans le terrain d’en face par la violence de l’explosion.
Ils sont hospitalisés à Qana, la cité la plus proche de ce village de quelque 300 agriculteurs spécialisés dans la culture du tabac. À Tyr, aux abords de l’hôpital Jabal Amel, un des époux fait les cent pas près d’une famille qui attend des nouvelles des leurs et qu’il avait accompagnée. « Ma femme est sous les décombres de la maison à Zebqine. Elle est sûrement morte », dit-il la voix étranglée. « J’ai peur de retourner. Ils disent que c’est dangereux », ajoute-t-il l’air hagard.
Personne dans les rues, mais des dizaines de portraits accrochés, dont ceux d’anciens ou de nouveaux jeunes « martyrs ». Un rappel de la guerre qui n’a jamais vraiment quitté ce pays, bien qu’officiellement finie depuis 1990.
(AFP- Béatrice KHADIGE)
Fatima et Tanya, les aïeules, étaient encore attablées à 7 heures du matin avec Amal et Mariam, leurs belles-filles, et une ribambelle d’enfants. Deux bombes à implosion israéliennes ont fait disparaître cette famille de 12 personnes sous les décombres.
Juchée sur le flanc d’une colline, leur maison de Zebqine (Liban-Sud) n’offrait plus que le spectacle de blocs de ciment, de briques, de gravats entassés et d’objets brisés épars, derniers témoins d’une vie. Le tout labouré par deux pelleteuses, aidées d’hommes à mains nues à la recherche des corps, sans espoir de survie. « Nous en avons sorti cinq sur douze depuis ce matin », explique, les larmes aux yeux, à l’AFP Jamil al-Bandar, un parent.
Aux appels téléphoniques qui se succèdent sur son portable, il explique que les secours vont le plus...
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