La balance commerciale des États-Unis a encaissé en mai la flambée des prix du pétrole, qui a creusé le déficit malgré la moindre propension des Américains à consommer des produits importés et la progression des exportations.
Le déficit s’est creusé à 63,8 milliards de dollars après 63,3 milliards en avril. C’est certes une aggravation, mais limitée (+0,8 %) et inférieure aux prévisions des analystes.
« La grande nouvelle est que le déficit n’a pratiquement pas changé alors que le déficit pétrolier se creusait de 4,4 milliards de dollars », estime Nigel Gault de Global Insight.
Mais les avis restent partagés sur l’évolution à long terme de cette tendance.
« Ces chiffres sont bons dans l’ensemble pour l’économie américaine. L’aggravation est due à la flambée des prix du pétrole, qui ne durera pas forcément », assure Drew Matus de Lehman Brothers.
En mai, le prix à l’importation du baril a atteint son plus haut historique à 61,74 dollars, affichant sa plus importante progression mensuelle depuis septembre 1990, juste avant la guerre du Golfe.
« Hors pétrole, le déficit s’est beaucoup réduit », puisqu’il est tombé au plus bas depuis août 2005, note John Lonski de Moody’s Investors Service pour qui « la très bonne nouvelle est le bond des exportations ».
Celles-ci ont plus progressé que les importations (+2,4 % contre +1,8 %), grâce à de bonnes ventes d’avions commerciaux notamment. De plus, les Américains ont acheté moins de voitures, moins de biens de consommation et moins de produits alimentaires à l’étranger.
Cette tendance s’explique par la modération de la croissance, qui se répercute sur le portefeuille des ménages. Or l’économie n’a pas fini de ralentir, compte tenu de la hausse des taux de crédit, du ralentissement de la progression des prix de l’immobilier et du niveau de l’inflation.
« Les dépenses de consommation vont sans doute ralentir, ce qui va infléchir la croissance des importations », assure M. Lonski.
D’autres analystes cependant sont moins rassurés et s’alarment de la menace du pétrole, qui a encore battu un nouveau record début juillet.
Mi-juin, le président de la Banque centrale américaine Ben Bernanke avait averti que l’époque de l’énergie bon marché était révolue et que les prix allaient « sans doute rester élevés » à court terme. Si l’on ajoute à cela la dépendance accrue des États-Unis par rapport aux produits bon marché en provenance de Chine, le tableau incite à la prudence.
En mai, les États-Unis ont accusé un déficit de 17,7 milliards de dollars avec la Chine (+4 %) et de 10,2 milliards avec les pays de l’OPEP (+26,5 %).
« Les conditions se tendent sur les marchés pétroliers et les importations chinoises augmentent, ce qui portera bientôt le déficit commercial au-dessus de 800 milliards de dollars par an et pèsera lourdement sur la croissance », estime Peter Morici, professeur d’économie à l’Université du Maryland.
Depuis le début de l’année, le déficit a atteint 317,9 milliards de dollars. Si la tendance se poursuit, les États-Unis devraient enfoncer le record de 2005 (717 milliards).
« Tant que le reste du monde veut bien échanger des bouts de papier verts contre de vrais produits, l’énorme déficit peut être maintenu. La vraie inquiétude est de savoir ce que les étrangers feront avec toutes ces liquidités », souligne l’économiste indépendant Joel Naroff.
S’ils préfèrent investir ailleurs qu’aux États-Unis, cela pourrait mettre le dollar et les taux d’intérêt sous pression.
Et « ce serait un scénario de cauchemar pour la Fed », estime M. Naroff.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La balance commerciale des États-Unis a encaissé en mai la flambée des prix du pétrole, qui a creusé le déficit malgré la moindre propension des Américains à consommer des produits importés et la progression des exportations.
Le déficit s’est creusé à 63,8 milliards de dollars après 63,3 milliards en avril. C’est certes une aggravation, mais limitée (+0,8 %) et inférieure aux prévisions des analystes.
« La grande nouvelle est que le déficit n’a pratiquement pas changé alors que le déficit pétrolier se creusait de 4,4 milliards de dollars », estime Nigel Gault de Global Insight.
Mais les avis restent partagés sur l’évolution à long terme de cette tendance.
« Ces chiffres sont bons dans l’ensemble pour l’économie américaine. L’aggravation est due à la flambée des prix du pétrole, qui ne...