Le déficit budgétaire des États-Unis s’améliorera dès cette année grâce à de très bonnes rentrées fiscales, a assuré hier le président américain George W. Bush, qui a vu là une preuve du bien-fondé de sa politique de baisses d’impôts.
« Le déficit atteindra 296 milliards de dollars environ cette année », soit 2,3 % du produit intérieur brut (PIB), s’est félicité M. Bush. La Maison-Blanche tablait jusqu’alors sur un déficit de 423 milliards pour l’année fiscale 2006, qui court jusqu’au 30 septembre. Ce serait la première fois depuis 2002 que les États-Unis réussiraient à réduire leur déficit budgétaire, qui a volé de record en record depuis l’arrivée à la Maison-Blanche de M. Bush, un républicain. Le gouvernement a régulièrement incriminé les attentats terroristes, la récession de 2001 et la guerre en Irak pour expliquer ce creusement du trou budgétaire, et contre-attaqué avec un large plan de baisses d’impôts.
Ce plan a été très décrié pour son caractère inégalitaire, le gros du projet concernant la taxation des dividendes qui concerne essentiellement les plus nantis.
Mais la révision du déficit montre qu’il a porté ses fruits, a assuré M. Bush. « Voilà ce qui arrive quand vous mettez en place des politiques favorables à la croissance », a-t-il martelé. « Quand l’économie croît, les entreprises croissent, les gens gagnent plus d’argent, les profits sont plus élevés et les revenus d’impôts augmentent », a-t-il ajouté.
De fait, la réduction du déficit s’explique par une hausse des recettes estimée à 246 milliards (+11 %), en raison de rentrées d’impôts « bien meilleures que ce que nous avions prévu ». Pour l’année budgétaire 2007, le déficit devrait un peu s’aggraver à 339 milliards de dollars avant de diminuer dès l’année suivante, à 188 milliards, a promis M. Bush. Cela devrait permettre à la Maison-Blanche de tenir dès 2008 son pari sur le déficit. « J’ai dit que nous pourrions diviser le déficit budgétaire par deux d’ici à 2009. Nous avons maintenant une année d’avance sur le programme », s’est félicité le président. Mais les démocrates ont vivement réagi à ces chiffres, en avertissant qu’il ne s’agissait pas forcément de la bonne nouvelle annoncée.
« Il n’y a que le président pour penser qu’une essence hors de prix, des coûts de santé et d’éducation en hausse, des salaires qui stagnent et un déficit de 300 milliards constituent une bonne nouvelle économique », a affirmé le sénateur Edward Kennedy.
Le numéro deux démocrate à la Chambre des représentants, Steny Hoyer, a souligné que le déficit serait le quatrième plus gros de l’histoire américaine, et que la hausse des rentrées d’impôts s’expliquait surtout par « les profits record engrangés par les entreprises ».
De plus, les rentrées d’impôts fluctuent beaucoup d’année en année, et avec le ralentissement annoncé de la croissance américaine, rien ne dit que la bonne surprise de 2006 se répétera l’an prochain.
Critiques et gouvernement se retrouvaient en tout cas pour s’inquiéter des défis pesant sur l’avenir de l’économie américaine, avec le départ à la retraite des générations du baby-boom qui devrait commencer dès 2008 et peser sur les caisses publiques d’assurance-santé et retraite.
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« Le déficit atteindra 296 milliards de dollars environ cette année », soit 2,3 % du produit intérieur brut (PIB), s’est félicité M. Bush. La Maison-Blanche tablait jusqu’alors sur un déficit de 423 milliards pour l’année fiscale 2006, qui court jusqu’au 30 septembre. Ce serait la première fois depuis 2002 que les États-Unis réussiraient à réduire leur déficit budgétaire, qui a volé de record en record depuis l’arrivée à la Maison-Blanche de M. Bush, un républicain. Le gouvernement a régulièrement incriminé les attentats terroristes, la récession de...