L’Angleterre affirme avoir effacé le souvenir douloureux de son élimination en quarts de finale de l’Euro 2004 de football par le Portugal qu’elle retrouve au même stade du Mondial 2006, samedi à Gelsenkirchen.
Dans la mémoire collective anglaise, le 24 juin 2004 est une date de plus exprimant l’amertume. Pendant plus de 80 minutes, l’Angleterre s’imagine en demi-finales du tournoi et envisage sérieusement mettre fin à la pénurie de titres qui l’accable depuis son sacre mondial de 1966.
Mais après avoir ouvert le score à la 3e minute par Michael Owen, elle concède l’égalisation par Helder Postiga à la 83e. Puis elle se voit refuser un but de Sol Campbell, pour une faute sur le gardien portugais Ricardo, à la 90e, après une transversale d’Owen.
En prolongation, deux buts sont marqués, par Rui Costa (110e), puis Frank Lampard (115e). Les deux équipes doivent se départager aux tirs au but. Beckham manque le premier côté anglais, mais Rui Costa l’imite pour le troisième des Portugais.
Finalement, au bluff, Ricardo enlève ses gants devant Darius Vassell qui échoue et le gardien portugais qualifie son équipe. L’Angleterre, sortie aux tirs au but du Mondial 1990 en Italie, de l’Euro 1996 à domicile et du Mondial 1998 en France, vit une nouvelle tragédie.
Mais deux ans plus tard, joueurs et entraîneurs anglais assurent ne plus être affectés par le rappel de ce match. « La ligne entre la victoire et la défaite est si fine, souligne le milieu de terrain Owen Hargreaves. Quand vous regardez ce match, il y a tant de hauts et de bas et évidemment avec les penalties, ça peut pencher d’un côté ou de l’autre, et ça n’a pas été dans notre sens. »
Scénario
« Mais (aujourd’hui), c’est un tournoi différent, ajoute le joueur du Bayern Munich. C’était il y a deux ans. Avec toute la préparation que nous avons eue pour nous mettre dans cette position, il ne s’agit pas seulement de finir le travail, mais de passer ce tour. »
Sven-Goran Eriksson, le sélectionneur de l’Angleterre, estime aussi que le temps a fait son œuvre. « Nous avons perdu aux tirs au but, rappelle-t-il. J’ai dit depuis longtemps que nous avons une bien meilleure équipe qu’il y a deux ans ou quatre ans (au Mondial 2002). C’est pour ça que je suis confiant, que les joueurs sont confiants. »
« Nous sommes plus confiants en nos forces, avec un bon mélange d’expérience et de talent, ajoute-t-il. Nous avons plusieurs joueurs expérimentés, qui ont gagné des titres avec leurs clubs. Ils nous ont donné leur mentalité de vainqueur, ce qui est important. »
Wayne Rooney, qui avait dû renoncer à la 27e minute de ce match face au Portugal pour une fracture d’un pied – la même blessure qui aurait pu le priver de ce Mondial 2006 –, abonde dans le même sens. « Nous voulons mettre ce match derrière nous, dit-il. Ce serait bien si nous les battions samedi et allions en demi-finales. » Une telle issue éviterait que ne se répète le scénario de 2004, quand l’arbitre suisse du match Urs Meier, considéré comme l’un des meilleurs du monde, avait mis un terme à sa carrière après avoir fait l’objet d’une campagne de dénigrement de la presse britannique et été menacé par des supporteurs anglais pour ses décisions.
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Dans la mémoire collective anglaise, le 24 juin 2004 est une date de plus exprimant l’amertume. Pendant plus de 80 minutes, l’Angleterre s’imagine en demi-finales du tournoi et envisage sérieusement mettre fin à la pénurie de titres qui l’accable depuis son sacre mondial de 1966.
Mais après avoir ouvert le score à la 3e minute par Michael Owen, elle concède l’égalisation par Helder Postiga à la 83e. Puis elle se voit refuser un but de Sol Campbell, pour une faute sur le gardien portugais Ricardo, à la 90e, après une transversale d’Owen.
En prolongation, deux buts sont marqués, par Rui Costa...