Zinédine Zidane, que le quotidien madrilène Marca veut envoyer à la retraite à l’issue du 8e de finale du Mondial entre la France et l’Espagne, ce soir (22h) à Hanovre, va de son côté tout faire pour mettre les Espagnols en vacances.
Ce 8e de finale royal entre voisins européens, 700e match de l’histoire de la Coupe du monde, laissera sur le carreau un grand déçu, que ce soit une « Furia roja » qui a séduit la planète par son jeu léché ou une équipe de France qui tournerait définitivement la plus belle page de son histoire avec le départ de Zidane et quelques autres.
« Zizou », qui a vécu du vestiaire de Cologne la qualification des Bleus aux dépens du Togo (2-0), revient avec une motivation décuplée, porté par le désir d’étirer pour quelques jours encore sa vie de footballeur.
Certes, « l’histoire s’écrit avec des victoires pas avec des commémorations », rappelait lundi le « Catalan » Raymond Domenech. Mais cette équipe de France semble avoir tant lié son destin en Allemagne à celui de sa génération 1998 qu’elle entrera forcément sur la pelouse en songeant qu’il s’agit peut-être de la dernière Marseillaise de son capitaine emblématique.
« Le Mondial commence »
L’Espagne, elle, ne va pas s’encombrer avec ce genre de considérations envers un joueur qui n’a plus de secrets pour elle. Sans être aussi abrupts que Marca, les joueurs ibériques et leur sélectionneur Luis Aragones ne cachent pas leur désir de l’envoyer le plus rapidement possible à sa retraite madrilène.
Et même si elle n’a jamais battu la France en match officiel (1 nul, 4 défaites), l’Espagne sait qu’elle en a les moyens après un 1er tour où elle a beaucoup joué et aussi beaucoup marqué (8 buts pour 3 victoires).
« J’ai une très grande confiance en mon équipe. Nous avons discuté avec les joueurs et l’équipe y croit vraiment », affirme Luis Aragones, qui sait toutefois que « c’est maintenant que commence le Mondial ».
Avec des titulaires qui n’ont pas ou peu joué le troisième match contre l’Arabie saoudite (1-0), l’Espagne peut aussi compter sur sa fraîcheur alors que la France a tremblé jusqu’au bout pour arracher sa place en 8e de finale.
Autant dire que les Espagnols sont très tentés de faire courir les trentenaires bleus derrière la balle, ce que n’a pas caché Luis Aragones lundi midi: « La clé sera de contrôler le ballon. »
Solidité défensive
Willy Sagnol le sait : « Ils ont une belle maîtrise du ballon avec trois milieux de terrain travailleurs et excellents techniquement. Pour nous, l’important sera de boucher les espaces pour éviter leurs petites passes au milieu qui pourraient nous faire trop courir. »
Au moral au beau fixe des Espagnols, les Bleus, qui ont maintenant chassé leurs démons de 2002 en passant le 1er tour, comptent bien opposer leur solidité défensive. Avec le retour d’Abidal, Domenech alignera une défense qui n’a jusqu’ici pas tremblé. Elle devra toutefois se méfier des coups de pied arrêtés, son point faible, d’autant que l’Espagne excelle dans ce secteur.
« Contre l’Espagne, clame Domenech, si on n’est pas solide derrière, on peut préparer le billet retour, mais il faut aussi savoir leur poser des problèmes. »
Le sélectionneur n’a toutefois pas éclairé cette question : avec le retour de Zidane, reviendra-t-il au système à un seul attaquant (Henry) utilisé contre la Suisse (0-0) ou la Corée du Sud (1-1) ou conservera-t-il les deux pointes (Henry-Trezeguet) du dernier match ? Une question sans réponse jusqu’au coup d’envoi puisque le sélectionneur français, contrairement à ses habitudes, ne dévoilera son équipe qu’au dernier moment.
Pour la défense des Bleus, un seul mot d’ordre : « No pasaran »
La défense de l’équipe de France de football va devoir résister aux assauts du meilleur bataillon offensif du premier tour, l’Espagne, ce soir à Hanovre en 8e de finale du Mondial, pour un baptême du feu qui peut confirmer qu’elle est bien le point fort tant vanté des Bleus.
« Si on joue contre l’Espagne sans être solides derrière, on peut préparer le billet retour ! » Le sélectionneur Raymond Domenech a donné le ton samedi, au lendemain de la victoire contre le Togo (2-0) : les Bleus savent qu’ils affrontent une machine à marquer (huit buts), à frapper au but (62 tirs) et surtout à cadrer (33 tirs). Dans ces trois catégories, la « Selección » affole les compteurs. À l’opposé de l’équipe de France, qui semble avant tout mettre du cœur à défendre collectivement. C’est du moins l’un des principaux axes du discours des joueurs et du sélectionneur.
« Dans le groupe, on défend à dix devant le gardien, affirme Éric Abidal, qui va retrouver ce soir son poste d’arrière-gauche après une suspension face au Togo. En défendant bien, on aura toujours plus de chances de marquer des buts. »
« La défense, c’est une base solide pour nous, souligne aussi Vikash Dhorasoo. L’Espagne est peut-être très forte offensivement, mais nous, on peut s’appuyer sur notre défense. Tant qu’on ne prend pas de but, on garde toujours à l’esprit qu’on peut en marquer un. »
« Réglages minutieux »
Pour l’heure, les chiffres parlent pour l’arrière-garde des Bleus. Depuis que la défense type Sagnol-Thuram-Gallas-Abidal a été mise en place pour la première fois, il y a un mois contre le Mexique (1-0) en amical, elle n’a été prise en défaut que deux fois en cinq matchs, contre la Chine (3-1) en amical sur penalty et face à la Corée du Sud (1-1) au Mondial.
D’un autre côté, elle n’a encore jamais gagné un match officiel puisque c’est Silvestre qui a joué arrière gauche contre le Togo (2-0).
« Petit à petit, plus les matchs passent, moins on fait d’erreur et plus nos réglages sont minutieux, cela se joue sur des placements, des déplacements », témoigne Abidal, qui loue aussi le travail de Vieira et Makelele, qui forment selon lui le « meilleur milieu défensif » du Mondial.
Approche collective
« Avant les trois matchs de préparation, nous n’avions jamais pu mettre en place la défense actuelle, remarque Willy Sagnol. C’est dans la connaissance des uns et des autres qu’on a progressé. La relation Thuram-Gallas va de mieux en mieux, la couverture dans le dos de Lilian (Thuram) derrière moi ou d’Éric (Abidal) derrière William (Gallas) aussi. »
Le secret de leur réussite défensive, relativisée par une certaine fébrilité sur les coups de pied arrêtés, réside dans la vision « collective » du travail défensif que les Bleus ont adopté. « Tout le monde travaille pour que l’équipe défende bien, pas seulement les défenseurs », note ainsi Dhorasoo.
« Notre approche défensive, c’est de parler de bloc, de groupe et de ne pas se focaliser sur la qualité offensive de l’adversaire », assure Sagnol, inamovible arrière droit bien que coupable d’une erreur de marquage sur le Coréen Cho Jae-jin pour le seul but encaissé par les Bleus dans ce Mondial.
Historiquement, les Bleus savent qu’ils sont souvent allés loin en phase finale avec une défense imperméable. Ce fut le cas en 1998. À entendre Sagnol, c’est un peu ce qui les inspire.
« C’est surtout là-dessus (la défense) qu’il faut s’appuyer, parce que c’est ça qui nous fera aller loin dans la compétition », disait-il après le match contre la Suisse (0-0), alors que le parcours des Bleus commençait à peine.
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Ce 8e de finale royal entre voisins européens, 700e match de l’histoire de la Coupe du monde, laissera sur le carreau un grand déçu, que ce soit une « Furia roja » qui a séduit la planète par son jeu léché ou une équipe de France qui tournerait définitivement la plus belle page de son histoire avec le départ de Zidane et quelques autres.
« Zizou », qui a vécu du vestiaire de Cologne la qualification des Bleus aux dépens du Togo (2-0), revient avec une motivation décuplée, porté par le désir d’étirer pour quelques jours encore sa vie de footballeur.
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