La Bourse de Beyrouth a continué de battre en retraite hier, plombée notamment par Solidere, certaines valeurs bancaires et le cimentier Holcim. Ce mouvement, qui perdure depuis deux semaines en dépit des fondamentaux des sociétés et des banques concernées qui restent satisfaisants, semble s’expliquer par les incertitudes politiques qui planent aussi bien sur le pays que sur la région. À cet égard, on évoque dans les salles de marché la tenue du sommet des Huit à Moscou jeudi prochain, avec à son ordre du jour le dossier du nucléaire iranien, simultanément avec la réunion de la conférence de dialogue interlibanais au sujet du désarmement du Hezbollah.
Des investisseurs, affectés par les conjectures auxquelles donnent lieu les résultats de ces deux réunions et leur impact sur la scène locale, ont estimé devoir se désengager sur le marché libanais des valeurs mobilières par précaution. Solidere, la plus grande capitalisation boursière de la place, a été la principale victime de cet environnement géopolitique. Les actions A et B de cette société sont retombées ainsi de 22,38 $ à 22,28 $ et de 22,49 $ à 22,46 $ respectivement.
Le compartiment des bancaires a été diversement orienté avec, d’un côté, la hausse des certificats GDR de la BLOM Bank de 72,50 $ à 73,50 $ et des actions prioritaires de la Byblos Bank de 2,25 $ à 2,26 $, et, de l’autre, la baisse des actions ordinaires de la Byblos Bank de 2,25 $ à 2,21 $.
Aux industrielles, le cimentier Holcim a sensiblement reculé de 2,39 $ à 2,32 $ à la veille de la tenue de son assemblée générale aujourd’hui, ayant à son ordre du jour la distribution d’un dividende au titre de l’exercice 2005.
Finalement, les baisses l’ont emporté sur les hausses et l’indice BLOM des valeurs libanaises a reperdu 5,87 points ou 0,38 % à 1 530,53 points, mais dans des échanges plus étoffés que ces deux derniers jours. En effet, 274 424 titres ont changé de mains d’une valeur de 7 858 129 $, dont 57 482 actions A et B de Solidere, contre 94 498 titres d’une valeur de 1 371 150 $, dont 28 939 actions A et B de Solidere d’une valeur de 646 280 $, la veille.
Les Bourses européennes ont fini dans le vert hier, au terme d’une journée morose, après un changement de tendance lié à l’ouverture en hausse de Wall Street. Plus tôt dans la matinée, des déclarations du président de la BCE, Jean-Claude Trichet, devant le Parlement européen avaient fait craindre de nouvelles hausses de taux d’intérêt dans la zone euro et pesé sur les marchés boursiers européens jusqu’à l’ouverture de New York.
La Bourse de New York était en forte hausse, grâce à des résultats d’entreprises supérieurs aux attentes. Les opérateurs, qui ont largement anticipé un relèvement du principal taux directeur de la Fed à 5,25 % jeudi prochain, se sont tournés hier sur les bons résultats trimestriels publiés par Morgan Stanley et FedEx et qui ont contribué à rassurer les investisseurs dans l’économie américaine. Le relèvement de la notation de Texas Instruments et de Motorola par des agences spécialisées a également soutenu la tendance.
L’euro soutenu par les propos de Trichet
sur les taux d’intérêt
Sur les marchés des changes, l’euro a progressé face au dollar grâce aux propos de Jean-Claude Trichet sur les taux d’intérêt. Celui-ci a fait savoir que son organisme pourrait procéder à de nouvelles hausses des taux en zone euro s’il juge la stabilité des prix en danger. Ces commentaires n’ont pas tardé à ajouter un sentiment favorable à l’euro, surtout après l’annonce par l’Insee que la consommation des ménages français a progressé de 0,6 % en mai sur avril, mois au cours duquel elle avait augmenté de 0,9 %.
Élie KAHWAGI
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats