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Test de cohésion pour le 14 Mars, en attendant Brammertz et Washington-Téhéran

Confronté à une stratégie offensive aiguë de la part de la Syrie, de ses alliés et de leurs ralliés, le camp du 14 Mars pourra-t-il tenir le coup sans se désunir ? Côté échéances logiques, il lui faut attendre le rapport (définitif ?) du juge belge Brammertz sur l’assassinat du président Rafic Hariri. Et voir également, et peut-être surtout, comment vont évoluer les rapports entre les deux puissances à fort impact régionalo-local que sont les États-Unis d’Amérique et l’Iran. La partie est aussi double que serrée. Au cas où les conclusions judiciaires, sur le plan de l’enquête internationale, n’impliqueraient pas de nouvelles figures libanaises et syriennes, le camp du 14 Mars serait en perte de vitesse, miné par des contradictions pouvant mener à sa dislocation. De même si, d’aventure, un arrangement entre l’Iran et les USA devait apporter, par la bande, de nouveaux avantages à la Syrie, qui retrouverait au Liban un certain rôle de prépondérance. Moyennant, sans doute, sa contribution à la 1559 comme à la 1680, c’est-à-dire à la mise au pas des Palestiniens qui gravitent dans son orbite, ainsi d’ailleurs que du Hezbollah. Il serait alors sérieusement question au Liban d’appliquer le plan syrien : nouveau gouvernement dit d’union nationale et législatives anticipées. Sinon vers la fin du mandat prorogé du président Lahoud, du moins juste ensuite. Après élection d’un successeur que les développements auraient désigné par eux-mêmes. La perspective serait tout à fait différente, évidemment, si le rapport Brammertz devait élargir les inculpations à des personnalités syriennes et libanaises. Et encore plus si les États-Unis et l’Iran campaient sur leur hostilité traditionnelle, sans conclure de bazar revalorisant le rôle syrien au Liban. Le camp du 14 Mars s’en trouverait considérablement renforcé. Il pourrait envisager de compléter le changement qu’il réclame. Sinon en parvenant à évincer le président Lahoud, car il serait sans doute déjà trop tard, du moins en obtenant la succession pour un pôle sorti de ses rangs, malgré le veto des prosyriens et les appétences connues. Mais la période de flottement et de stagnation politiques ont des effets érosifs certains. Face à un axe d’opposition solidement soudé, le camp du 14 Mars devra garder en tête qu’il y a une lutte à mener de front. Sans se laisser troubler ni par des attaques de diversion ni, surtout, par des divergences croissantes de points de vue entre ses pôles sur divers points théoriques, sur des orientations ou sur des priorités déterminées. C’est que, nul ne l’ignore, quand on en vient par exemple aux options économiques et aux réformes, les idées de base sont loin d’être identiques. Les privatisations, ou les privations d’indemnités, par exemple, ne font pas l’unanimité au sein des groupes composant la majorité parlementaire. Même sur le plan politique, on constate de plus en plus, ces jours-ci, des approches opposées sur l’acception de l’instance de la présidence de la République, sur la façon de l’identifier ou non avec son titulaire de fait. On trouve de la sorte que même parmi les plus ardents partisans du départ du président Lahoud, certains estiment que c’est porter atteinte au Liban que le chef de l’État ne soit pas invité au sommet de la francophonie à Bucarest. Ils précisent que le comportement de l’intéressé nuit sans doute en profondeur à la fonction qu’il est censé assumer. Mais que le problème, essentiellement d’ordre intérieur, ne doit pas affecter le droit de représentation du Liban en tant que tel, à l’étranger. D’aucuns vont encore plus loin : faisant leur deuil d’un changement rapproché à la tête de l’État, ils estiment que dès lors il faut reconsidérer les relations avec le président Lahoud. Et défendre l’instance qu’il incarne, surtout si le rapport Brammertz devait le disculper. Cependant, bien d’autres députés du 14 Mars pensent que l’éviction reste prioritaire. Pour eux, l’isolement international du président prorogé représente une pression bienvenue. Isolement qu’il ne faudrait pas tenter de rompre, surtout quand le bloc boude lui-même Baabda. S’il y a différend sur la crise de pouvoir et la question de la présidence, exposées lors du dialogue national, il peut y avoir aussi bien friction sur la formation d’un nouveau gouvernement, comprenant les aounistes, voire sur des élections anticipées. Ou encore, et cela est probable, sur la loi électorale. Émile KHOURY
Confronté à une stratégie offensive aiguë de la part de la Syrie, de ses alliés et de leurs ralliés, le camp du 14 Mars pourra-t-il tenir le coup sans se désunir ? Côté échéances logiques, il lui faut attendre le rapport (définitif ?) du juge belge Brammertz sur l’assassinat du président Rafic Hariri. Et voir également, et peut-être surtout, comment vont évoluer les rapports entre les deux puissances à fort impact régionalo-local que sont les États-Unis d’Amérique et l’Iran. La partie est aussi double que serrée.
Au cas où les conclusions judiciaires, sur le plan de l’enquête internationale, n’impliqueraient pas de nouvelles figures libanaises et syriennes, le camp du 14 Mars serait en perte de vitesse, miné par des contradictions pouvant mener à sa dislocation.
De même si, d’aventure, un...