L’Argentine a décroché sa qualification pour les huitièmes de finale du Mondial 2006 de football (groupe C), en se montrant sans pitié (6-0) pour une équipe de Serbie-et-Monténégro sans âme, hier à Gelsenkirchen.
Dominateurs dans tous les secteurs, les Argentins ont livré une prestation qui marquera sans doute les esprits des autres favoris du tournoi. Ils ont complètement étouffé leurs adversaires, réduits au rôle de spectateurs dès l’entame.
« Nous avons une grande équipe, nous avons de grands joueurs et nous avions envie de gagner », résumera après la rencontre le sélectionneur José Pekerman.
Au bout de cinq minutes et quelques, la sélection albiceleste était déjà devant. Saviola sur la gauche profitait de la passivité des défenseurs et lançait Maxi Rodriguez. Une petite balle piquée suffisait pour tromper Jevric (1-0, 6).
La Serbie-et-Monténégro n’avait qu’une timide réaction, avec la frappe de Djordjevic qui manquait de puissance (10). Et c’était tout pour la première période de l’équipe balkanique. Minée par des conflits internes en coulisses, la sélection d’Ilija Petkovic a été méconnaissable par rapport à ses éliminatoires.
« Ce n’est pas la faute des joueurs, c’est ma faute », a assuré l’entraîneur serbe.
Malgré la sortie sur blessure de Luis Gonzalez (17), la pression que subissait son équipe restait la même. Crespo manquait de peu un corner de Riquelme (26). Cambiasso, entré en jeu, glissait un bon ballon vers Riquelme qui enroulait sa frappe du gauche, à côté (28).
Le deuxième but venait à la demi-heure de jeu, avec un une-deux entre Saviola et Riquelme, suivi d’un autre entre Cambiasso et Crespo. C’était Cambiasso qui concluait cette action (2-0, 31).
Entrée et but de Messi
Sous le toit de l’Arena, on ne voyait plus s’agiter les supporteurs slaves, mais les drapeaux bleu ciel et blanc. Sur le terrain, c’était toujours le même festival, avec un but refusé à Crespo pour un hors-jeu qui, au vu du ralenti, n’en était pas un (36).
Souvent éteinte, la défense serbo-monténégrine était carrément coupable sur le troisième but. Saviola volait un ballon dans les pieds de l’arrière gauche Dudic, effaçait un défenseur central, et sa frappe déviée par les gants du gardien trouvait non pas un défenseur, mais l’Argentin Rodriguez au second poteau (41).
Le gardien albiceleste Abbondanzieri passait un après-midi tranquille, jusqu’à la frappe de Milosevic qui le forçait à son premier arrêt (46) et la remise de Kezman vers Milosevic (56).
Cette passe de la tête est presque tout ce qu’aura montré Kezman, l’un des joueurs les plus cotés de son équipe, exclu pour un tacle les deux pieds en avant (65).
Avec cet avantage numérique, l’Argentine pouvait se permettre de faire entrer Lionel Messi, à court de compétition après deux mois d’arrêt forcé (75). Le jeune milieu de terrain courait comme un chien fou au milieu de défenseurs raides comme des piquets, et c’est Crespo qui héritait de la passe décisive (4-0, 78). Tevez se jouait des mêmes joueurs (5-0, 84). Et Messi, servi par Crespo, achevait d’écœurer ses adversaires (6-0, 88).
« Tous les joueurs ont eu du plaisir », confirmera Juan Riquelme à la conférence de presse.
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