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Actualités - Analyse

Éclairage Ségolène Royal vient concurrencer la droite sur la sécurité

La socialiste française Ségolène Royal vient concurrencer son adversaire potentiel à la présidentielle de 2007, le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, sur son propre terrain en adoptant un discours musclé sur la délinquance, qui fait grincer des dents à gauche. Lors de la présidentielle de 2002, marquée par l’élimination du candidat socialiste Lionel Jospin dès le premier tour, au profit de l’extrême droite, la sécurité avait constitué un thème phare de la campagne électorale. Sans doute pour rompre avec l’« angélisme » dont la gauche avait été alors accusée, la socialiste préférée des Français a prôné la manière forte pour lutter contre la délinquance des jeunes. Symboliquement, elle a dévoilé son plan lors d’un déplacement dans un département de la région parisienne où vit une forte proportion de Français originaires du Maghreb et d’Afrique noire, et où avaient démarré en octobre dernier les émeutes qui avaient embrasé les banlieues. Des heurts sporadiques entre jeunes et policiers ces derniers jours dans deux villes proches de Paris ont fait ressurgir les craintes d’une nouvelle flambée de violences. Parmi les recettes mises en avant par la star des sondages figurent une « mise sous tutelle des allocations familiales » pour les parents de jeunes violents et une sérieuse reprise en main. Regrettant la suppression du service militaire, Mme Royal, fille d’officier, propose la mise en place « des systèmes d’encadrement à dimension militaire, avec des actions humanitaires, des orientations vers l’apprentissage des métiers, avec le passage du permis de conduire et le réapprentissage de la citoyenneté ». « Il faut épauler les familles, ne pas les disqualifier et quand les incivilités se multiplient, avoir un système d’obligation pour les familles de faire des stages dans des écoles de parents », a suggéré cette mère de quatre enfants. Évoquant la violence en hausse dans les écoles, l’ancienne ministre de la Famille puis de l’Enseignement scolaire a estimé qu’il fallait en « retirer les gamins qui y font la loi et qui pourrissent la totalité d’un établissement scolaire ». La majorité de droite a estimé que Mme Royal venait chasser sur ses terres. « Elle avance dans des directions où d’ores et déjà nous agissons et sommes soucieux d’apporter des réponses », a observé le Premier ministre de droite Dominique de Villepin. Pour le député du parti au pouvoir UMP, Jean-Paul Anciaux : « Mme Royal fait dans le registre “plus sarkozyste que moi tu meurs”. » « Plus ferme que Sarkozy », a constaté le quotidien de droite Le Figaro ajoutant que Ségolène Royal veut « affronter son adversaire potentiel sur son terrain : la sécurité ». Au sein du Parti socialiste de Mme Royal, où ses nombreux rivaux piaffent et guettent ses faux pas, les critiques n’ont pas tardé. « Ségolène Royal nous a fait un petit dérapage », a indiqué le député Christophe Cambadélis, proche de Dominique Strauss-Kahn, rival de Mme Royal dans la course à l’investiture socialiste. « À courir après Nicolas Sarkozy on ne le combat pas, on le légitime », a souligné M. Cambadélis. Un député socialiste, Yves Durand, s’est dit « stupéfait ». « Je crains qu’en voulant coller à l’air du temps, Ségolène Royal ne s’éloigne des valeurs qui ont toujours fondé le combat des socialistes pour l’éducation et l’émancipation de tous », a-t-il dit. À un an de l’élection présidentielle, Ségolène Royal, qui allie volonté de modernisation et respect de valeurs traditionnelles, occupe toujours, selon un sondage publié mercredi, une solide première place dans le baromètre de la popularité des responsables politiques. Amer OUALI (AFP)

La socialiste française Ségolène Royal vient concurrencer son adversaire potentiel à la présidentielle de 2007, le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, sur son propre terrain en adoptant un discours musclé sur la délinquance, qui fait grincer des dents à gauche.

Lors de la présidentielle de 2002, marquée par l’élimination du candidat socialiste Lionel Jospin dès le premier tour, au profit de l’extrême droite, la sécurité avait constitué un thème phare de la campagne électorale.
Sans doute pour rompre avec l’« angélisme » dont la gauche avait été alors accusée, la socialiste préférée des Français a prôné la manière forte pour lutter contre la délinquance des jeunes.
Symboliquement, elle a dévoilé son plan lors d’un déplacement dans un département de la région parisienne où vit...