En Espagne, le football, sport-roi, est le sujet de conversation numéro un dans n’importe quel bar du pays.
Parmi les quotidiens espagnols au plus fort tirage, quatre titres se consacrent presque entièrement à l’actualité du ballon rond.
Pourtant, l’équipe espagnole n’est jamais parvenue à insuffler la même passion que la plupart des autres formations nationales dans leurs pays respectifs.
En Angleterre, en Argentine ou au Brésil, la vie s’arrête le temps de la Coupe du monde. Pas en Espagne. Le « clasico » deux fois par an entre le Real Madrid et le FC Barcelone captive bien plus que n’importe quelle rencontre de la sélection ibérique.
Ce relatif désintérêt s’explique en partie par les fortes identités régionales revendiquées en Espagne. Beaucoup de ses habitants se définissent d’abord comme Basques ou Catalans, voire Galiciens, avant de se dire espagnols.
La formation ibérique n’a plus joué au Camp Nou de Barcelone depuis 1987 et il faut remonter encore vingt ans plus tôt pour trouver la trace d’un match de l’équipe nationale au Pays basque.
Pour la « Seleccion », jouer aujourd’hui dans ces régions reviendrait à effectuer des matches à l’extérieur.
L’Espagne est sans doute le seul pays où un joueur hésite à intégrer la sélection nationale en raison de ses convictions politiques. C’est notamment le cas avec le défenseur du Barça et nationaliste catalan déclaré, Oleguer.
Le défenseur basque de Chelsea, Asier del Horno, aurait quant à lui été gêné d’avoir été photographié à côté du drapeau espagnol lors de sa première sélection.
La « malédiction » des quarts
« Vu qu’il n’y a aucun consensus sur la nature de l’État espagnol, il n’y en a pas plus sur l’équipe nationale », résume Diego Torres, journaliste sportif au quotidien El Pais. « Tous les pays ont des clubs phares. Mais ici, les clubs représentent aussi de puissants intérêts politiques », poursuit-il.
« Le Barça, par exemple, est bien plus qu’un club. Il représente l’identité catalane. »
Mais les rivalités régionales n’expliquent pas tout. Les maigres résultats de la formation espagnole ces dernières années n’ont pas permis de créer une dynamique autour de l’équipe.
Une victoire à l’Euro 1964 et une place de finaliste dans la même compétition vingt ans plus tard (face à la France) sont les deux seules réussites de l’équipe ibérique.
Les Espagnols n’ont jamais dépassé le stade des quarts de finale d’une Coupe du monde depuis 1950.
Des observateurs évoquent régulièrement la « malédiction » des quarts de finale, peinant à expliquer comment une des nations majeures du football européen ne parvient pas à émerger lors des Mondiaux.
Seul un triomphe au Mondial allemand pourrait réveiller l’intérêt des Espagnols pour leur équipe nationale.
« Un succès changerait la donne, assure Torres. Cela aiderait à façonner une identité autour de l’équipe espagnole, et influerait aussi sur les clubs, comme ce fut le cas en France ou en Italie. »
En Espagne, le football, sport-roi, est le sujet de conversation numéro un dans n’importe quel bar du pays.
Parmi les quotidiens espagnols au plus fort tirage, quatre titres se consacrent presque entièrement à l’actualité du ballon rond.
Pourtant, l’équipe espagnole n’est jamais parvenue à insuffler la même passion que la plupart des autres formations nationales dans leurs pays respectifs.
En Angleterre, en Argentine ou au Brésil, la vie s’arrête le temps de la Coupe du monde. Pas en Espagne. Le « clasico » deux fois par an entre le Real Madrid et le FC Barcelone captive bien plus que n’importe quelle rencontre de la sélection ibérique.
Ce relatif désintérêt s’explique en partie par les fortes identités régionales revendiquées en Espagne. Beaucoup de ses habitants se définissent d’abord comme...
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