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Actualités - Opinion

Deux visions inconciliables de la stratégie de défense

Les tirs de katiouchas « d’origine indéterminée » relancent avec acuité le débat sur la stratégie de défense. Le comité du dialogue doit en discuter. Avec une forte probabilité d’impasse. Ce qui déboucherait sur le maintien du statu quo, c’est-à-dire sur la préservation de l’armement de la Résistance. Tout comme la mésentente a produit, précédemment, la sauvegarde du régime en place jusqu’à nouvel ordre. En fait, deux conceptions s’opposent quant à cette stratégie de défense. L’une d’elles s’articule non pas sur la détermination d’une durée quelconque pour l’armement de la Résistance, mais sur la fonction de cet arsenal. Ce qui signifie qu’il s’agit de le garder, et d’en user, jusqu’à la conclusion d’une paix entre Israël d’un côté, la Syrie et le Liban de l’autre. Même la libération de Chebaa ne serait donc pas suffisante, si elle ne s’accompagne pas de la libération du Golan… Dans son exposé sur la stratégie de défense, le secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, propose qu’il y ait coordination entre la Résistance et l’armée libanaise face à l’ennemi israélien. Mais cette généralité qu’est le terme de coordination suscite beaucoup d’interrogations, qui seront sans doute posées lors de la prochaine séance de dialogue. Comment va-t-on opérer ? Via une commission mixte ? Quelles en seraient la mission et les prérogatives ? Lui appartiendrait-il de fixer le timing et les conditions d’une riposte à une agression israélienne ? L’autorité publique serait-elle prête à faire face aux suites, dans tous les cas de figure ? Ne risque-t-on pas, en définitive, de rééditer la sinistre expérience de la convention du Caire ? On sait que ce texte consacrait le principe de l’autorité libanaise mais que la Résistance, qui à l’époque était palestinienne, l’avait foulé aux pieds en pratique. Car l’ambiguïté voulait que les fedayin eussent quand même le droit d’agir « dans le cadre de la souveraineté libanaise », dont ils n’ont tenu aucun compte. Certains participants au dialogue, loin de partager les vues de Hassan Nasrallah, soulignent que le Liban est concerné, uniquement, par la libération de Chebaa. Pour l’obtenir, relèvent-ils, il faut d’abord homologuer auprès de l’ONU la libanité de cette enclave, afin qu’elle passe de la juridiction de la 242 à celle de la 425. Or la Syrie refuse le tracé des frontières, pour justifier le maintien de l’armement d’une Résistance libanaise qui garde un front du Sud semi-ouvert, le liant de la sorte au Golan. Dès lors, les tenants de cet avis affirment, en application du principe même de l’identité de sort, que le Liban doit observer vis-à-vis d’Israël la même stratégie de défense que la Syrie. Autrement dit que lui aussi doit garder un front calme. Pour que les transgressions israéliennes ne puissent plus être justifiées. Le deuxième volet de l’alternative, dans cette même logique, étant que la Syrie et le Liban s’entendent pour une confrontation commune avec l’ennemi. Et qu’il n’y ait plus deux poids, deux mesures, deux choix séparés. Au sujet de l’argument qui veut que l’armée libanaise ne peut faire face seule à l’ennemi, ces sources répondent qu’en tout cas quand Israël frappe, il cible l’infrastructure du Liban et son économie, déjà exsangue. Sans grande possibilité alors d’assistance financière. Alors qu’Israël recueille tous les fonds qu’il veut s’il arrive que des roquettes frappent ses agglomérations. Et de rappeler que jadis les Arabes avaient proclamé le Liban pays de soutien et non de confrontation. Selon ces personnalités, une conception valable d’une stratégie de défense efficace impliquerait d’abord, en fait, de persuader la Syrie d’autoriser l’homologation de la libanité, donc la libération, de Chebaa. La Résistance cesserait alors et l’armée libanaise assumerait pleinement, seule, ses responsabilités nationales. Émile KHOURY
Les tirs de katiouchas « d’origine indéterminée » relancent avec acuité le débat sur la stratégie de défense. Le comité du dialogue doit en discuter. Avec une forte probabilité d’impasse. Ce qui déboucherait sur le maintien du statu quo, c’est-à-dire sur la préservation de l’armement de la Résistance. Tout comme la mésentente a produit, précédemment, la sauvegarde du régime en place jusqu’à nouvel ordre.
En fait, deux conceptions s’opposent quant à cette stratégie de défense. L’une d’elles s’articule non pas sur la détermination d’une durée quelconque pour l’armement de la Résistance, mais sur la fonction de cet arsenal. Ce qui signifie qu’il s’agit de le garder, et d’en user, jusqu’à la conclusion d’une paix entre Israël d’un côté, la Syrie et le Liban de l’autre. Même...