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FINANCES Les banques japonaises confirment leur retour à la santé en 2005-2006

Les grandes banques nippones, dont la numéro un mondiale Mitsubishi UFJ Financial Group (MUFG), ont dégagé de copieux profits en 2005-2006 grâce à la reprise économique au Japon qui a fait fondre leurs stocks de mauvaises créances et accru leurs gains en Bourse. D’avril 2005 à mars 2006, MUFG a empoché un bénéfice net de 1 181,7 milliards de yens (8,46 milliards d’euros), le deuxième plus gros de l’exercice au Japon derrière le constructeur automobile Toyota. Un spectaculaire redressement par rapport à la perte de 216,1 milliards subie par MUFG un an plus tôt, dû en grande partie à des reversements massifs de provisions pour créances douteuses. Grâce à la reprise observée au Japon et aux restructurations d’entreprises, les défauts de paiement s’avèrent moins importants que prévu, ce qui permet aux banques de réempocher une partie des sommes qu’elles avaient auparavant provisionnées pour éponger les défaillances prévisibles de leurs débiteurs. Un phénomène dont a aussi bénéficié la deuxième banque japonaise, Mizuho Financial Group, qui a vu son bénéfice net augmenter de 3,6 % jusqu’au niveau record de 649,9 milliards de yens. Les reversements de provisions et les gains sur les marchés d’actions expliquent ces performances. Ce bénéfice aurait pu croître bien plus sans les pertes dues aux mauvaises affaires sur le marché obligataire, mais aussi sans l’incroyable bourde d’un courtier de la filiale Mizuho Securities. Cet employé avait fait subir à son employeur une perte de 40,7 milliards de yens en se trompant de touche lors de l’introduction en Bourse de la petite société JCom le 8 décembre : il avait placé 610 000 titres à un yen au lieu de vendre une action à 610 000 yens. L’erreur, non détectée par le système informatique du marché, avait entraîné une pagaille sans précédent et la démission des principaux dirigeants de la Bourse de Tokyo. Malgré cet accident isolé, le système bancaire japonais apparaît nettement assaini par rapport aux années noires du début de la décennie. « Les grandes banques japonaises sont en train de reprendre leur expansion mondiale après la longue contraction qui avait commencé à la fin des années 1990 », note Naoko Nemoto, analyste chez Standard and Poor’s, qui estime que leur croissance actuelle « apparaît plus durable » que celle observée pendant la bulle financière et immobilière des années 1980. Outre l’éradication des mauvaises créances, la force des marchés d’actions (la Bourse de Tokyo a clos l’année 2005 sur un gain de plus de 40 %) et le redémarrage récent de la demande de prêts après neuf ans de chute continuelle ont fortement profité aux institutions financières. Le numéro trois du secteur, Sumitomo Mitsui Financial Group, a annoncé un bénéfice de 686,8 milliards contre une perte de 234,2 milliards un an plus tôt. Le numéro quatre Resona a vu le sien augmenter de 5 % et a annoncé son premier paiement de dividende depuis six ans. Quant à la seule grande banque nippone détenue par des étrangers, Shinsei Bank, elle a vu son profit progresser de 13 % grâce à de fortes augmentations de ses prêts aux entreprises et de ses crédits immobiliers et à la consommation. Signe de leur santé retrouvée : toutes les banques auront bientôt fini de rembourser les 12 400 milliards de yens (92 milliards d’euros) que leur avaient versé les pouvoirs publics pour éviter leur faillite collective. Le gouvernement a toutefois fraîchement réagi à cette avalanche de résultats positifs, estimant que les banques avaient encore beaucoup de progrès à faire. Les banques japonaises « n’en sont qu’à la moitié du chemin », a commenté le secrétaire d’État à la politique budgétaire Kaoru Yosano, rappelant qu’elles « ne payent pas l’impôt sur les sociétés » et que « la rémunération des dépôts reste à des niveaux faibles ».

Les grandes banques nippones, dont la numéro un mondiale Mitsubishi UFJ Financial Group (MUFG), ont dégagé de copieux profits en 2005-2006 grâce à la reprise économique au Japon qui a fait fondre leurs stocks de mauvaises créances et accru leurs gains en Bourse. D’avril 2005 à mars 2006, MUFG a empoché un bénéfice net de 1 181,7 milliards de yens (8,46 milliards d’euros), le deuxième plus gros de l’exercice au Japon derrière le constructeur automobile Toyota. Un spectaculaire redressement par rapport à la perte de 216,1 milliards subie par MUFG un an plus tôt, dû en grande partie à des reversements massifs de provisions pour créances douteuses. Grâce à la reprise observée au Japon et aux restructurations d’entreprises, les défauts de paiement s’avèrent moins importants que prévu, ce qui permet aux...