Avant sa rencontre avec le président George W. Bush mardi prochain, Ehud Olmert met en avant sa volonté de dialogue avec les Palestiniens, semblant mettre entre parenthèses son plan de retrait unilatéral en Cisjordanie. Il s’agira aussi du premier voyage à l’étranger de M. Olmert en tant que chef de gouvernement après la victoire de son parti centriste, Kadima, aux législatives du 28 mars. Selon la radio militaire, citant des responsables du bureau du Premier ministre, M. Olmert souhaite avant tout convaincre à cette occasion qu’Israël est prêt à des négociations « de crainte d’une opposition de Washington à des mesures unilatérales ».
Ces derniers mois, M. Olmert avait, en revanche, surtout évoqué son plan qui vise à permettre à Israël de fixer seul le tracé de ses frontières avec la Cisjordanie qui se traduit par la construction d’une « barrière de sécurité » dans cette région. Sur sa lancée, le Premier ministre ne faisait pratiquement plus référence à la « feuille de route », un plan de paix international parrainé par le quartette composé par les États-Unis, l’Union européenne, la Russie et l’ONU. Selon sa thèse, cette « feuille de route » ne pouvait être appliquée faute d’un partenaire du côté palestinien. La formation en mars du gouvernement par les islamistes du Hamas, qui ne reconnaissent ni Israël ni les accords conclus dans le passé par l’OLP, a ensuite donné de nouveaux arguments à M. Olmert pour maintenir cette politique.
Les dirigeants américains, pour leur part, se sont abstenus de soutenir le plan de retrait unilatéral tout en continuant à prôner publiquement l’application de la « feuille de route ».
Ces réserves américaines ont poussé, selon les commentateurs, M. Olmert à souligner mercredi, lors de sa rencontre avec le chef de la diplomatie française Philippe Douste-Blazy, qu’il ferait « tout » pour parvenir à une solution politique avec les Palestiniens par des négociations. La ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni a, pour sa part, affirmé que si « le mot unilatéral provoque des réactions négatives dans le monde, nous changerons de rhétorique ».
Un proche du Premier ministre n’a, par ailleurs, pas exclu une rencontre entre M. Olmert et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas après le retour du Premier ministre de Washington. « Mais pour le moment aucune date n’a été fixée car Mahmoud Abbas n’a rien fait contre les organisations terroristes », a-t-il ajouté. Le négociateur palestinien Saëb Erekat a, en outre, annoncé hier que M. Abbas rencontrera dimanche en Égypte Mme Livni, en marge d’une conférence sur l’économie au Proche-Orient. Un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué, quant à lui, que Abbas et Livni participeraient à une même table ronde, mais il n’a pas confirmé la tenue d’entretiens séparés. Si ces entretiens ont lieu, il s’agira de la première rencontre israélo-palestinienne à haut niveau depuis la victoire en janvier du Hamas aux élections législatives palestiniennes. Le plan de M. Olmert prévoit le démantèlement de dizaines de petites colonies et le « regroupement » de leurs habitants dans de grands blocs de colonies appelés à être annexés par Israël, de même que la vallée du Jourdain. Mardi soir, la radio publique israélienne a d’ailleurs annoncé que le Premier ministre et son ministre de la Défense, Amir Peretz, avaient signé un ordre pour le démantèlement de douze colonies sauvages en Cisjordanie. La radio n’a pas précisé de quelles colonies il s’agissait ni de la date prévue pour leur démantèlement. Selon un rapport officiel, il existe 105 colonies en Cisjordanie. Pour la communauté internationale, toutes les colonies sont toutefois illégales.
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