L’attaquant d’Arsenal Emmanuel Adebayor, après une Coupe d’Afrique des nations ratée et marquée par une sévère prise de bec avec le sélectionneur d’alors, Stephen Keshi, doit une revanche aux Éperviers lors de leur première Coupe du monde de football, en juin en Allemagne.
Le long et élancé Adebayor (1,90 m, 74 kg), 22 ans, avait, presque à lui seul, qualifié les Éperviers pour la CAN et le Mondial, marquant 11 buts en qualifications, ce qui fit de lui le meilleur buteur de la zone Afrique. Très attendu en Égypte en janvier, il y a vécu un cauchemar.
Après une première défaite contre la RDCongo (2-0), Adebayor annonce avec fracas son départ pour se raviser quelques heures plus tard. Il reprochait à Keshi de lui avoir annoncé dans un premier temps qu’il ne serait pas titulaire avant de changer d’avis in extremis.
Quelque chose se casse avec Keshi et le groupe en paye les pots cassés : deux défaites plus tard, les Éperviers rentrent au nid les ailes coupées.
« Nous n’avons pas fait une bonne Coupe d’Afrique des nations et nous avons une revanche à prendre pour montrer ce que nous pouvons faire, assure Adebayor. Je suis très motivé par la Coupe du monde, c’est le plus grand tournoi du monde. J’ai vraiment hâte. »
Esclandre
Au Mondial, le fer de lance des Éperviers, souvent comparé à l’avant-centre nigérian Nwankwo Kanu pour sa longiligne silhouette, va devoir faire oublier cette image de gamin instable, et montrer que son parcours réussi, des rues de Lomé à celles de Londres, démontre une force et un caractère hors du commun.
Dès 15 ans, Adebayor fait en effet ses valises pour Metz, en France, un club qui l’a repéré lors d’un tournoi de jeunes. Alors que des centaines de jeunes Africains peinent à éclore à leur arrivée en Europe, le Togolais perce vite, très vite. À 17 ans, il joue son premier match en première division française et se fait progressivement une place à la pointe de l’attaque messine. Mais le club de l’est de la France est relégué en deuxième division.
Le caractère bouillant du garçon l’amène à claquer la porte de Metz en 2003, à 19 ans et malgré la remontée de son club. Il veut encore donner un coup d’accélérateur à sa carrière et part à Monaco, qualifié pour la Ligue des champions.
Dilettante
Dans la principauté, Adebayor est pris en main par le Congolais Shabani Nonda. Naguère un peu dilettante, se reposant trop sur ses qualités techniques naturelles et sa vitesse, Adebayor devient plus sérieux et travaille son adresse devant le but.
Mais malgré huit buts en championnat, il laisse les supporters monégasques sur leur faim, barré par Fernando Morientes. Il ne participe que de manière épisodique à la splendide campagne de Monaco en Ligue des champions, conclue par une finale perdue face au FC Porto.
La saison suivante, après le départ de Morientes, il trouve plus aisément le chemin des filets : 14 buts toutes compétitions confondues. Mais ses envies de départ ressurgissent en 2005 après l’arrivée de Francesco Guidolin à la place de Didier Deschamps, l’entraîneur qui l’avait fait venir à Monaco.
En janvier, il réalise enfin son véritable rêve : l’Angleterre. Arsenal lui tend les bras. Comme d’habitude, Arsène Wenger a intelligemment préparé l’avenir. Thierry Henry étant donné partant en cas de transfert du Français cet été, les Gunners auront sous la main un nouveau canonnier. Revanchard.
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