L’amélioration du climat d’investissement dans le centre-ville relevant du patrimoine de Solidere, illustrée par le lancement d’un audacieux projet koweïtien d’un coût de 1,3 milliard $, n’est pas parvenue à animer la Bourse de Beyrouth dont la hausse a tourné court la semaine dernière. Il en est de même des récentes publications de résultats annuels de banques cotées, qui n’ont pas suffi à rassurer les investisseurs sur le marché des valeurs mobilières libanaises, ainsi que des ventes de terrains effectuées par Solidere au 1er trimestre 2006 (1,2 milliard $). En effet, l’intérêt manifesté par certains opérateurs pour les placements en actifs libanais n’a pas tardé à se heurter à la tendance d’engranger les gains que procure à d’autres toute hausse de la cote. Dans les salles de marché, on a évoqué la situation politique incertaine, sinon inquiétante, au Liban pour expliquer ce mouvement. D’autres intervenants, n’y trouvant pas d’impulsion pour prendre des initiatives, ont estimé aussi devoir rester à l’écart du marché car une telle conjoncture politique devrait inciter à la prudence, notamment la menace de recourir à la rue pour régler certains problèmes entre le gouvernement et ses détracteurs. Les craintes que cette situation perdure, tant qu’on ne trouve pas de sitôt les solutions adéquates aux deux problèmes de la présidence de la République et des armes du Hezbollah, ont donc retenu les opérateurs de placer leur argent sur le marché boursier.
Dans ce contexte, Solidere, qui avait rebondi au début de la semaine écoulée jusqu’à 23 $, a finalement vu ses gains s’évaporer. Les actions A et B de cette société ont dû clôturer à 22,59 $ chacune, contre respectivement 22,56 $ et 22,46 $ à la fin de la semaine se terminant au 28 avril, réduisant leur hausse à 0,13 % et à 0,59 % respectivement. Ce mouvement s’est produit dans des échanges relativement nourris, portant sur 482 722 actions des deux catégories d’une valeur de 10 949 632 $, soit l’équivalent de 56,05 % de l’ensemble du marché.
Pour ce qui est des valeurs bancaires, elles ont été un peu plus épargnées de ce mouvement de ventes bénéficiaires. Représentant 41,45 % de la cote la semaine dernière avec 593 351 titres négociés d’une valeur de 8 096 850 $, ce compartiment a été dans l’ensemble orienté timidement vers le haut, à l’exception des actions préférentielles de la Bank of Beirut, qui ont abandonné 1,94 % à 25,25 $ contre 25,75 $ auparavant. C’est ainsi que les actions ordinaires de cette même banque ont gagné 0,52 % à 13,57 $ contre 13,50 $, ainsi que les actions ordinaires et prioritaires de la Byblos Bank, qui ont progressé de 0,40 % à 2,56 $ contre 2,55 $, et à 2,51 $ contre 2,50 $ respectivement. Il en est de même des certificats GDR des banques Audi et BLOM qui se sont adjugés en hausse de 1,78 % et de 1,16 % respectivement.
Par ailleurs, on a relevé la stabilité des actions du cimentier Holcim à 2,35 $ et des parts du Beirut Global Income à 101,50 $, d’un côté, et de l’autre, la hausse de 0,47 % des parts du Beirut Lira Fund de 105 700 LL à 106 200 LL, et de 0,28 % de celles du Beirut Golden Income, de 107 000 LL à 107 300 LL.
Sur la semaine, l’indice BLOM des valeurs libanaises, qui avait frôlé le seuil de 1 600 points à son début, a dû finalement se contenter d’une maigre hausse de 0,43 % à 1 580,76 points, vendredi dernier, contre 1 573,99 points au vendredi 28 avril. L’activité a été également réduite, ne dépassant pas au total 1 134 637 titres d’une valeur de 19 536 046 $, contre 2 347 642 titres d’une valeur de 31 360 801 $ pendant la même période.
Élie KAHWAGI
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