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Actualités - Opinion

Le problème de la présidence pourrait être lié au dossier des armes

Peut-on dire que le dossier de la présidence est maintenant clos ? Les forces du 14 Mars vont-elles se résigner à voir le président Lahoud rester jusqu’à nouvel ordre ? Selon des pôles politiques, tout n’est pas fini, du moment que les participants au dialogue conviennent qu’il existe une crise de pouvoir commençant par Baabda et qu’on ne peut logiquement en sortir que par un accord sur la succession. Accord qui, toutefois, selon ces pôles, ne saurait être atteint qu’à travers le crible du dossier le plus complexe, l’armement du Hezbollah. Une façon de dire que si l’on parvenait, sur ce point brûlant, à un règlement satisfaisant le Hezb, ce dernier lâcherait du lest côté changement présidentiel. Le vieux pli classique du donnant-donnant, en somme. Pour ces sources, ce n’est évidemment pas pour les beaux yeux du président Lahoud que le Hezb s’accroche à son maintien en poste. Mais parce qu’il constitue un rempart, une garantie, concernant le rôle de la Résistance. Une fois que les partenaires nationaux auraient eux-mêmes délivré une garantie, cette fois générale, au sujet de l’armement, il deviendrait possible de discuter du sort de M. Lahoud. Car, naturellement, son successeur serait tenu d’appliquer les préceptes retenus. Il ne subsisterait plus qu’un problème de choix, c’est-à-dire de confiance dans la personne du nouveau président de la part du Hezb. À partir de cette logique d’une solution liée, les contacts actuels avec le Hezb se déroulent en base de la question de l’arsenal et non de la présidence. On considère que c’est là la clé. Mais la porte reste difficile à ouvrir. Car les vues sur l’armement, comme sur la fameuse stratégie de défense globale, restent très divergentes, voire fortement conflictuelles. Parce que, comme on sait, le Hezb refuse de voir son potentiel phagocyté par les institutions de l’État. Autrement dit d’intégrer ses combattants à l’armée, comme le proposent autant l’ONU que les défenseurs de la notion même de République une et unique. Ainsi, le Hezb n’a cosigné un document avec les aounistes que sur base du maintien de son armement jusqu’à la réalisation des conditions suivantes : – Libération des fermes de Chebaa, que la Syrie accepte ou non la délimitation des frontières. Pour transposer le statut juridique de cette enclave de la 242 à la 425. Auquel cas, d’ailleurs, Israël pourrait toujours refuser de retirer ses troupes. – Libération de tous les prisonniers libanais détenus en Israël. – Élaboration d’une stratégie de défense dans laquelle les Libanais s’intégreraient, pour en supporter les charges autant que pour profiter de ses résultats. Il est évident que l’établissement d’une telle ligne n’est pas une mince affaire. Le terme de stratégie nationale donne lieu en effet à de multiples interprétations. Certains proposent, répétons-le, de fondre les forces du Hezbollah dans l’armée, comme cela fut le cas pour les milices, en application de Taëf. Mais d’autres affirment que la Résistance, pour être efficace, doit garder son autonomie, sans être liée par des considérations locales, régionales ou internationales. Ce qui lui permettrait de continuer à agir ou à réagir sans que l’État libanais ne se trouve impliqué dans une éventuelle confrontation avec Israël. À partir des positions actuelles, il est donc difficile de parvenir à un accord sur la stratégie de défense. Ce qui signifie que le Hezb garderait son armement, en dépit de la 1559 et des rapports de Roed-Larsen. Le président Sélim Hoss affirme que le président Lahoud va demeurer jusqu’à la fin de son mandat prorogé et que l’armement du Hezbollah va rester encore plus. Quant au chef des FL, Samir Geagea, il souligne pour sa part que le thème de l’armement de la Résistance est difficile, délicat, compliqué et très important. Le Hezbollah, redisons-le, insiste sur une stratégie pour défendre le Liban face à la menace, en tenant compte du déséquilibre des forces régulières. Le président Nabih Berry appelle de son côté à l’établissement d’un plan de défense empêchant le Liban et le Sud d’être la proie de l’ogre israélien. Émile KHOURY
Peut-on dire que le dossier de la présidence est maintenant clos ? Les forces du 14 Mars vont-elles se résigner à voir le président Lahoud rester jusqu’à nouvel ordre ? Selon des pôles politiques, tout n’est pas fini, du moment que les participants au dialogue conviennent qu’il existe une crise de pouvoir commençant par Baabda et qu’on ne peut logiquement en sortir que par un accord sur la succession. Accord qui, toutefois, selon ces pôles, ne saurait être atteint qu’à travers le crible du dossier le plus complexe, l’armement du Hezbollah. Une façon de dire que si l’on parvenait, sur ce point brûlant, à un règlement satisfaisant le Hezb, ce dernier lâcherait du lest côté changement présidentiel. Le vieux pli classique du donnant-donnant, en somme.
Pour ces sources, ce n’est évidemment pas pour les...