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Actualités - Opinion

La Syrie et ses alliés libanais se dirigent vers plus d’escalade

La Syrie utilise toujours le Liban comme terrain d’affrontement avec les États-Unis. Elle ne se contente pas d’adopter des positions poussant à l’escalade, mais a également recours à ses alliés libanais qui participent ou non au dialogue, pour qu’ils prennent à leur tour position en faveur des thèses syriennes, notamment en ce qui concerne le tracé des frontières et l’établissement de relations diplomatiques entre les deux pays. Cette volonté d’escalade peut être décelée dans plusieurs dossiers, mais aussi dans les critiques virulentes qui ont été adressées au Premier ministre, Fouad Siniora, en raison de sa visite à Washington, et les tentatives de faire chuter le gouvernement, dans la rue, en utilisant des slogans économiques et le plan de réformes, comme l’affirme l’un des ministres de la majorité. Voilà pourquoi Damas pourrait avoir recours à la CGTL pour susciter un large mouvement de rue capable de renverser le cabinet qui bénéficie d’un soutien américain inédit, notamment après la dernière visite de M. Siniora aux États-Unis. Et à travers la chute du gouvernement, la Syrie cherche à torpiller la création d’un tribunal international dans l’affaire de l’assassinat de l’ancien Premier ministre, Rafic Hariri, ou du moins à tenter d’en retarder la naissance, et à le contrôler à travers un nouveau gouvernement. Il est par ailleurs remarquable que certains participants à la table de dialogue aient essayé de se rétracter en ce qui concerne les accords qui avaient été trouvés, en les interprétant à leur guise, et en jouant avec les termes de « tracé » et de « délimitation » des frontières. La question reste de savoir pourquoi certaines parties au dialogue n’emploient pas leur amitié avec Damas pour donner une dimension exécutoire à ces mêmes accords, sachant que certains amis de la Syrie n’ont pas fait ce qu’on attendait d’eux. Bien au contraire, leurs positions ont été d’inspiration syrienne. Il est d’ailleurs clair que les forces du 8 Mars et les forces politiques qui les soutiennent essayent d’exploiter les positions syriennes pour affaiblir les forces du 14 Mars et leur imposer certaines conditions. La minorité parlementaire pourrait en outre rejeter la tendance de la majorité à vouloir proroger d’un an le mandat de la commission d’enquête internationale sur l’assassinat de Hariri. Des politiciens de la majorité se demandent en même temps pourquoi la Syrie refuse de délimiter ses frontières avec le Liban en prétextant de l’état déplorable des relations entre les deux États, alors qu’elle a très bien accepté de délimiter ses frontières avec la Turquie, l’Irak ou la Jordanie lorsque ses relations avec ces pays étaient très tendues. Ces politiciens se déclarent enfin surpris par les campagnes qui ont visé le rapport du représentant de Kofi Annan pour l’application de la 1559, Terjé Roed-Larsen, mais aussi la visite aux États-Unis du Premier ministre Siniora, estimant que Damas aurait dû répondre au contenu des propos faisant état d’une présence des SR syriens au Liban, au lieu de commenter leur forme et le fait qu’ils aient été prononcés à Washington. Philippe Abi-Akl
La Syrie utilise toujours le Liban comme terrain d’affrontement avec les États-Unis. Elle ne se contente pas d’adopter des positions poussant à l’escalade, mais a également recours à ses alliés libanais qui participent ou non au dialogue, pour qu’ils prennent à leur tour position en faveur des thèses syriennes, notamment en ce qui concerne le tracé des frontières et l’établissement de relations diplomatiques entre les deux pays.
Cette volonté d’escalade peut être décelée dans plusieurs dossiers, mais aussi dans les critiques virulentes qui ont été adressées au Premier ministre, Fouad Siniora, en raison de sa visite à Washington, et les tentatives de faire chuter le gouvernement, dans la rue, en utilisant des slogans économiques et le plan de réformes, comme l’affirme l’un des ministres de la...