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Actualités - Opinion

Beyrouth-Damas, un historique relationnel toujours vicié par l’animosité syrienne

Aux yeux de l’opinion arabe et internationale, le problème c’est bien la Syrie. Et non pas le Liban qui ne demande qu’à recouvrer sa pleine souveraineté. En entretenant avec sa voisine les rapports les plus cordiaux. La Syrie refuse toujours de voir dans le Liban un État indépendant, même quand les dirigeants de ce pays comptent parmi ses proches. À plus forte raison, quand ils s’en trouvent détachés, comme c’est le cas aujourd’hui. Du temps du président Sleimane Frangié, une solide amitié personnelle le liait au président Hafez el-Assad. Cela n’a pas empêché la Syrie de fermer la frontière, sous prétexte que ses intérêts passaient avant toute amitié. Plus tard, la Syrie a bloqué l’envoi de l’armée libanaise au Sud, approuvé par les trois présidents libanais ainsi que par l’ONU et les USA, sous prétexte qu’il se produirait des heurts entre les réguliers et la Résistance. Plus étrange encore, la Syrie s’était opposée à ce que les Israéliens se retirent d’abord de la région de Jezzine, affirmant qu’ensuite il n’y aura plus de replis. Quand on discutait à Taëf de la durée de la présence militaire syrienne au Liban, la Syrie a catégoriquement rejeté toute idée de délai. Liant son éventuel départ à une demande d’un gouvernement libanais qui devrait nécessairement être d’union libanaise. Et comme l’on s’est toujours arrangé pour qu’aucun gouvernement d’entente nationale ne soit mis en place, la Syrie a pu dormir sur ses deux oreilles et rester indéfiniment. En faisant la sourde oreille aux requêtes présentées par les autorités libanaises sous Élias Sarkis, Amine Gemayel et Michel Aoun. Tantôt elle exigeait l’aval de l’écrasante majorité du peuple libanais, tantôt elle soutenait qu’elle ne se retirerait pas sous la pression et dans un climat de défi. Le coup de maître de la Syrie, au sortir de Taëf, cela avait été d’exiger un gouvernement d’union libanais. Mission impossible, d’où une interminable kyrielle de gouvernements contrôlés par Damas. Qui n’avait donc plus de soucis à se faire au sujet du maintien de ses troupes au Liban. Mais tout a brusquement basculé avec la 1599 et l’intifada libanaise de l’indépendance. Lorsque le gouvernement du président Siniora a proposé les relations diplomatiques, le tracé des frontières, l’homologation de Chebaa, la Syrie a posé comme condition une entente entre les pôles libanais. Contre son attente et ses calculs, cette entente s’est réalisée à l’unanimité dans le cadre du dialogue national. Elle a alors soutenu, au sujet de Chebaa, qu’il faut d’abord qu’Israël s’en retire, pour que l’on trace la démarcation. Sachant parfaitement que l’État hébreu ne quitterait pas, si la libanité des hameaux n’était pas d’abord établie, les plaçant sous la juridiction de la 425 et non de la 242. Le but est de garder le front du Liban-Sud semi-ouvert, comme carte de pression, tandis que le Golan reste calme. Quant à la normalisation relationnelle par l’échange d’ambassades, les Syriens s’y refusent. Ils avancent tantôt que rien ne presse, qu’il faut d’abord rétablir la confiance. Et tantôt qu’en pratique, c’est le Conseil supérieur libano-syrien qui tient lieu de communication diplomatique. La question, qui traîne maintenant depuis des semaines, voire des mois, est de savoir si les Égyptiens et les Saoudiens vont pouvoir amener la Syrie à mettre de l’eau dans son vin. En répondant favorablement aux demandes libanaises fortement soutenues par les États-Unis. Émile KHOURY
Aux yeux de l’opinion arabe et internationale, le problème c’est bien la Syrie. Et non pas le Liban qui ne demande qu’à recouvrer sa pleine souveraineté. En entretenant avec sa voisine les rapports les plus cordiaux. La Syrie refuse toujours de voir dans le Liban un État indépendant, même quand les dirigeants de ce pays comptent parmi ses proches. À plus forte raison, quand ils s’en trouvent détachés, comme c’est le cas aujourd’hui. Du temps du président Sleimane Frangié, une solide amitié personnelle le liait au président Hafez el-Assad. Cela n’a pas empêché la Syrie de fermer la frontière, sous prétexte que ses intérêts passaient avant toute amitié. Plus tard, la Syrie a bloqué l’envoi de l’armée libanaise au Sud, approuvé par les trois présidents libanais ainsi que par l’ONU et les USA, sous...