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Actualités - Opinion

La conférence est-elle condamnée à faire du surplace ?

Les résolutions de la conférence de dialogue sont-elles condamnées à rester lettre morte ? C’est ce que redoute le président Amine Gemayel, qui va proposer à nouveau, le 28 avril, qu’une délégation de la conférence se rende à Damas pour soulever avec les dirigeants syriens les questions sur lesquelles un consensus s’est établi. Une façon de mettre la Syrie au pied du mur, et de placer les forces qui participent au dialogue face à leurs responsabilités. M. Gemayel avait lancé une première fois l’idée d’une visite à Damas le jour où la conférence de dialogue était parvenue à un consensus au sujet de l’établissement de relations diplomatiques entre le Liban et la Syrie. L’ancien chef de l’État avait justifié cette initiative en affirmant que Damas allait mettre en question la représentativité du Premier ministre, Fouad Siniora, pour retarder autant que possible sa réponse à une demande libanaise en ce sens. Selon M. Gemayel, Damas pouvait très bien se demander qui donc M. Siniora représente au sein de la conférence de dialogue ? Le gouvernement ? L’Exécutif tout entier, y compris le chef de l’État ? Ou bien seulement l’un des camps politiques en présence ? Au demeurant, c’est exactement ce qui s’était passé. Pour en venir au rendez-vous du 28 avril, certains s’interrogent sur la possibilité même de sa tenue, au regard des polémiques acerbes ou aigres-douces qui opposent, depuis quelques jours, le Courant du futur au Courant patriotique libre, et le PSP au Hezbollah. Michel Aoun et Saad Hariri vont-ils pouvoir se saluer, après s’être traités l’un l’autre de dictateurs ? Walid Joumblatt saluera-t-il celui qui l’a traité de laquais des Américains ? Ou bien parviendra-t-on à dépasser ces accidents de parcours, pour reprendre les choses où elles en étaient arrivées ? Certains redoutent que l’escalade verbale torpille non seulement les questions toujours en suspens, mais le processus même d’exécution des résolutions déjà prises à l’unanimité. Ainsi, certains des protagonistes du dialogue pourraient décider de tenir compte de la réaction négative de Damas aux résolutions prises et proposer, en lieu et place de l’idée du président Gemayel, un autre genre de démarche. Celle-ci consisterait à former une délégation qui se rendrait non à Damas, mais au palais de Baabda, pour discuter avec le président Lahoud des résolutions consensuelles prises par la conférence de dialogue. Au départ, l’idée serait qu’une exclusion du président Lahoud du processus en cours est impensable, maintenant que son maintien en poste est pratiquement acquis. Le conflit entre la proposition Gemayel et la contre-proposition pourrait alors bloquer la conférence de dialogue et reporter indéfiniment l’application des résolutions consensuelles, en attendant une réconciliation hypothétique avec Damas. Ce qui reporterait aussi indéfiniment le dialogue sur les armes du Hezbollah, à moins que… À moins que le secrétaire général du Hezbollah et le général Michel Aoun ne persuadent les protagonistes du dialogue à adopter le consensus sur lequel ils sont eux-mêmes parvenus dans leur plate-forme commune. On sait cependant tout le mal que pensent les forces du 14 Mars de cette plate-forme, qui lie pratiquement l’armement du Hezbollah à la signature de la paix entre Israël d’une part, la Syrie et le Liban d’autre part. De sorte qu’on est en droit de se demander si cheikh Soubhi Toufayli n’aurait pas raison de dire que ces parties, qui, en apparence, sont d’accord sur un certain nombre de points, ne sont en fait d’accord sur rien et meublent un temps mort, en attendant une modification du rapport de force. Émile Khoury
Les résolutions de la conférence de dialogue sont-elles condamnées à rester lettre morte ? C’est ce que redoute le président Amine Gemayel, qui va proposer à nouveau, le 28 avril, qu’une délégation de la conférence se rende à Damas pour soulever avec les dirigeants syriens les questions sur lesquelles un consensus s’est établi. Une façon de mettre la Syrie au pied du mur, et de placer les forces qui participent au dialogue face à leurs responsabilités.
M. Gemayel avait lancé une première fois l’idée d’une visite à Damas le jour où la conférence de dialogue était parvenue à un consensus au sujet de l’établissement de relations diplomatiques entre le Liban et la Syrie. L’ancien chef de l’État avait justifié cette initiative en affirmant que Damas allait mettre en question la représentativité du...