Les 149 pays membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ont moins de deux semaines pour se mettre d’accord sur une formule de baisse des droits de douane dans le monde mais leurs divergences paraissaient hier toujours aussi larges.
L’incertitude est telle que l’OMC n’a toujours pas fixé de rendez-vous pour négocier au niveau ministériel avant la date fatidique du 30 avril, laissant une dernière chance aux tractations qui se déroulent au niveau technique cette semaine au siège de l’institution à Genève.
« Tout dépend des discussions des trois prochains jours. Si à la date de vendredi nous constatons un consensus suffisant, je pense que le directeur général (de l’OMC Pascal Lamy) décidera s’il convient ou non d’organiser une réunion ministérielle », prévoit l’ambassadeur de l’Inde auprès de l’OMC, Ujal Singh Bhatia.
L’échéance du 30 avril a été fixée par les États membres lors de leur conférence ministérielle de Hong Kong en décembre dernier, dans le cadre des négociations de Doha lancées en 2001 dans la capitale du Qatar. Ce cycle de discussions sur la libéralisation des échanges, qui aurait déjà dû aboutir fin 2004, doit absolument être conclu avant la fin de cette année pour avoir une chance d’être approuvé par le Congrès américain.
Les États ont donc convenu de se mettre d’accord fin avril sur le point le plus ardu de la négociation : les pourcentages de baisse des droits de douane appliqués aux produits agricoles et industriels.
D’un côté, les pays pauvres exigent une baisse des tarifs douaniers sur l’agriculture, mais de l’autre les pays riches réclament la réciproque pour les produits industriels. Chacun attend des autres qu’ils fassent le premier pas.
« La complexité des questions qu’il reste à résoudre en matière agricole est immense », reconnaît l’ambassadeur de New Delhi, rappelant que les négociations ont pour principe de mettre le commerce au service du développement des pays du Sud. « En fonction de ce que proposeront les pays développés en matière d’ouverture des marchés, nous discuterons de la contribution des pays en développement. »
Sur la sellette à cause des droits de douane imposés par Bruxelles aux importations agricoles, le commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson, a demandé hier à ses partenaires, particulièrement américains, « une dose de réalisme » envers les concessions que peut consentir l’UE. « J’aimerais pouvoir dire que nous allons respecter l’échéance, mais j’ai peur que cela ne soit très difficile car les divergences restent trop grandes », a-t-il déclaré au Financial Times.
« À moins qu’il n’y ait prochainement un geste fort, je ne vois rien pour le moment qui permette un accord », a estimé de son côté le ministre brésilien des Affaires étrangères, Celso Amorim, principal animateur du groupe des pays émergents.
Face aux risques de blocage, les négociateurs estiment que l’échéance pourrait à nouveau être reportée, à fin juillet, avant la pause estivale de l’OMC.
Un échec fin avril serait « grave mais pas fatal », analyse ainsi l’ambassadeur indien. « La situation peut encore être sauvée si nous parvenons à finaliser la structure (d’un accord) avant l’été. » Le patron de l’OMC pourrait être tenté de mettre tout le monde d’accord en soumettant aux États membres un projet de compromis, mais une telle hypothèse est risquée.
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L’incertitude est telle que l’OMC n’a toujours pas fixé de rendez-vous pour négocier au niveau ministériel avant la date fatidique du 30 avril, laissant une dernière chance aux tractations qui se déroulent au niveau technique cette semaine au siège de l’institution à Genève.
« Tout dépend des discussions des trois prochains jours. Si à la date de vendredi nous constatons un consensus suffisant, je pense que le directeur général (de l’OMC Pascal Lamy) décidera s’il convient ou non d’organiser une réunion ministérielle », prévoit l’ambassadeur de l’Inde auprès...